En quête du non-agir, se trouve l’harmonie homme/nature

in Désir d’être

En chine, il est établi que seule l’Harmonie entre l’Humain et la Nature  permettrait d’accéder à la Sagesse. Et c’est en plaçant son cœur et son esprit dans la Voie du Tao, c’est-à-dire en se conformant aux lois équilibres de la Nature qu’on la trouve (« La réalité ne contient pas son propre avenir… En constatant que la réalité n’est plus déterministe mais aléatoire, que la logique n’est plus rigoureuse mais remplacée par l’indécision,il est raisonnable d’admettre que nous disposons d’un espace de liberté, et d’éprouver en même temps un inquiétant manque de points de repère… En fait les processus de transformation qui construisent demain à partir d’aujourd’hui sont fondamentalement aléatoire ». in De l’Angoisse à l’espoir, Albert jacquard. Tout cela pour dire que la nature est un agencement aléatoire qui s’est construit dans l’expérimentation et dans les équilibres au cours d’un long processus. Rompre cet équilibre c’est le perdre sans doute à tout jamais – Oly).

LES PRINCIPES DE BASE DE LA PENSÉE TAOÏSTE

L’humain fait corps avec l’univers

  • Le taoïste se doit d’être modeste face à l’univers, à la nature et ce qu’elle impose. Il doit s’y soumettre car il ne trouvera que le malheur s’il lutte contre elle ou s’il essaye de la dominer.
  • Pour lui, l’univers est en perpétuelle évolution, seul le changement est permanent, tout n’est que recommencement sans fin.

Exercice : Il peut être intéressant de régulièrement casser les habitudes dans lesquelles on vit pour recommencer autrement. Provoquer les changements, c’est un entraînement à l’adaptation.

La voie et la vertu

  • Le livre « Tao Te King  » (La Voie et la Vertu) de Lao-tseu pose les fondements du taoïsme.
  • Sans notions moralisatrices, il est exempt de concepts comme l’enfer, le diable, les ténèbres éternelles, les forces du mal, en opposition avec un Dieu lumineux et bon. Rien dans l’univers n’y est conçu comme intrinsèquement mauvais. Le bien a besoin du mal et inversement.
  • Le sens de l’équité et la volonté d’être en harmonie avec l’univers suffisent à être dans le Tao, dans la Voie. La moralité est une norme interne chez l’homme sage, il ne fait pas le mal.
  • Pour le taoïste, l’ignorance est à l’origine du mal-être spirituel de l’homme. Il n’est pas coupable de ses erreurs. Il est en apprentissage.

Les paradoxes

  • Pour « trouver la Voie », un des moyens possible est l’utilisation de paradoxes, il est écrit dans le « Tao Te King  » :« Celui qui sait ne parle pas. Celui qui parle ne sait pas. »« La faiblesse est plus forte que la force « « Connaître, c’est ne pas connaître : Voilà l’excellence. Ne pas connaître, c’est connaître : Voilà l’erreur. »
  • Le but est de perturber le cerveau, de briser la pensée conventionnelle, l’éducation reçue, l’instruction inculquée.

L’expérience avant tout

  • Le Tao n’est compréhensible que dans la réalité de la vie. C’est à chacun de travailler avec ses outils, de créer son propre chemin, dans l’expérience concrète et le quotidien.
  • Le but de toute réflexion est l’action, aussi abstraite soit-elle, elle doit toujours avoir une finalité pratique, concrète, dans la vie de chaque jour.

Responsabilités

  • Les taoïstes sont des anarchistes spirituels, il n’y a pas de hiérarchie, pas de règles et une absence de volonté de convaincre.
  • Chaque humain est responsable de son existence, de son développement affectif, social, spirituel et de sa santé.
  • Pour le taoïste, l’infraction aux lois naturelles entraîne inévitablement des sanctions : Manque d’harmonie, isolement et affliction.

Toutes mes paroles, tous mes actes ont des conséquences, ma responsabilité est donc grande, je dois faire attention à tout ce que je fais et à tout ce que je dis.

Les 8 grands principes taoïstes…

1er principe : L’alignement

L’ALIGNEMENT CORPOREL

Ma colonne vertébrale doit toujours être droite : Cela changera mon état d’esprit.

1ère étape : J’observe ma posture et j’expérimente

  • Comment je me tiens physiquement ?
  • Lorsque je m’adresse à quelqu’un ?
  • Quand je roule en voiture ?
  • Derrière mon bureau ?
  • A table avec mes proches ?
  • Face mon supérieur hiérarchique ?

J’observe que, selon les situations, je suis, soit en avant, soit en arrière, soit centré. A quel moment je suis l’un ou l’autre ?

  • Quand j’ai peur ?
  • Quand je suis fatigué ?
  • Enervé ?
  • En paix ?

la voie de l'arcJ’observe comment ma posture me fait sourire ou me rend négatif.
En voiture : si je suis penché sur mon volant, je me sens plus agressif, au fond du siège, je me sens plus serein. Expérimentez, observez, sentez et tirez les conclusions.

2ème étape : J’aligne ma colonne vertébrale pour agir sur mon esprit

Puisque l’alignement de ma colonne change mon état d’être, j’utilise ma posture par rapport à ce que je désire faire.

Je m’équilibre psychiquement en bougeant mon axe d’avant en arrière jusqu’à trouver le centre : Le sourire.

Face à un adversaire, le buste part en avant, prêt à attaquer. Pour désamorcer, je recule de quelques centimètres, cela change le niveau d’agressivité et permet de prendre du recul. Cela enlève aussi de la pression à l’adversaire. Il y a alors toutes les chances que l’ambiance se calme.

Quand je ne vais pas bien, quand je ne me sens pas à l’aise, je m’aligne, je me centre et je gagne en sérénité.

L’AXE CIEL / TERRE

Je grandis

Tous les arts chinois visent la posture, la colonne doit être droite, je l’étire, je reprends mon axe, je me centre. Je prends du recul. Je suis plus présent, ma vigilance est exacerbée.

Quand je marche aligné, je suis en conscience. Plus je m’aligne, plus je m’élève, plus je grandis en sagesse.

La prière devrait toujours se faire dans l’alignement, le but est d’être dans l’axe Ciel / Terre. L’impeccabilité de la posture de la prière prouve le lien avec le Ciel : Colonne droite sans être rigide. Je suis relié, j’ai la foi, je sens l’énergie.

Exercice pour trouver votre axe Ciel / terre :

Balancez-vous d’avant en arrière. Les yeux fixés sur un point au sol. Au bout de quelques minutes, vous trouverez l’axe de connexion.

2ème principe : Le Non-Agir

C’est en fait « agir dans le non-agir », ce n’est pas « ne rien faire ». Trop facile.

Dans le « Non-agir » j’agis, mais en étant conscient que c’est « La Vie » qui dirige mon action. Son but est de me pousser à cesser la destruction, la guerre, à rétablir l’harmonie, à passer à « l’action juste ».

Quelles sont donc les qualités à développer pour agir dans le non-agir?

L’INTUITION

Pour la développer, je commence par observer et admirer la nature, elle m’en apprendra beaucoup sur le terrien que je suis. Et plus je me connais, plus je me fais confiance, plus je vais écouter mes prémonitions.

Je n’oublie pas non plus de « m’aligner » pour « entendre » la petite voix qui sait ce qui est bien pour moi et le monde. Ma colonne vertébrale est droite, elle est dans l’axe Ciel -Terre.

Les freins à l’intuitif sont la culture, l’éducation, la croyance, la religion. Je dois m’en détacher progressivement.

L’ART DE LA PERTE

L'artiste martial n'est pas un soldatUn moyen d’entrer dans le « Non-Agir » est l’art de céder dans la domination, dans la guerre. En règle générale, mon égo veut gagner. Je dois accepter de perdre.

Le mauvais perdant a un égo surdimensionné. Mon égo me fait gérer ma vie comme une guerre or je dois passer à la paix.

Je n’oublie pas que pour faire la guerre, il faut être deux, si j’accepte de perdre, il n’y a plus de guerre. Voilà pourquoi les moines taoïstes commencent leur formation par 10 ans de travaux ménagers peu gratifiants. Ca calme l’égo.

L’ACCEPTATION

Mes problèmes sont là pour me faire grandir en sagesse, je ne dois pas les combattre. J’évite de résister, je cède à ce qui vient.

C’est normal d’être en colère envers une personne qui m’a blessé mais si je cherche suffisamment, je finis par comprendre l’enchaînement qui l’a menée à me faire du mal. Du coup, je ne lutte plus contre elle.

J’AGIS SANS ÉMOTIONS

Quand je suis confrontée à un problème, je m’entraine à le voir tel qu’il est et pas tel que je pense qu’il est. Ce ne sont pas mes émotions qui dictent mon action.

Qu’est-ce qui est grave dans la vie ?

C’est le regard que j’y mets qui lui donne son importance. Je dois toujours me recentrer sur l’essentiel. Si j’épure, la vie devient beaucoup plus facile.

 LA DÉTENTE PHYSIQUE ET MENTALE

L’humour est nécessaire dans le non-agir et même dans la vie tout court. Il permet d’accepter ce qui semble inacceptable.

Je ne me prends plus au sérieux, je prends du recul, mon égo se calme. Pour cela, je fais en sorte d’être détendu, quoiqu’il arrive.

3ème principe : L’équilibre

Je dois trouver l’équilibre dans tous les domaines de ma vie :

  • Entre spiritualité et matérialisme
  • Entre vie de famille et vie sociale
  • Entre travail et inactivité
  • Entre nature et ville
  • Entre sommeil et veille
  • Entre solitude et vie en société
  • Entre donner et recevoir
  • Dans la variété alimentaire…

J’observe si certains domaines débordent sur d’autres et je mets en place les ajustements nécessaires.

L’ÉQUILIBRE PHYSIQUE

Principes taoïstesJ’ai l’illusion de la stabilité dans la rapidité, faire des mouvements très lents prouve le véritable équilibre.

L’exercice le plus facile à mettre en place est la marche LENTE. Je suis obligatoirement en « présence » dans la lenteur par une conscience exacerbée dans mes jambes, sous mes pieds. Je bouge en ayant le bassin détendu, les hanches, les fesses lâchées.

De même, mes yeux et mes oreilles sont des repères majeurs pour m’équilibrer. Si je veux m’exercer à la stabilité intérieure, dans une 1ère étape, je fais un parcours yeux ouverts puis je le refais les yeux fermés.

Enfin, je développe ma souplesse, elle permet l’adaptation aux secousses, à la vitesse, aux variations. Le sentiment de souplesse physique jouera sur mon mental et inversement.

Je fais du Qi gong, Yoga, du Tai chi, du stretching…

J’observe les chats et je bouge comme eux, avec fluidité et grâce.

CONSÉQUENCES DU TRAVAIL DE L’ÉQUILIBRE

L’équilibre rétablit l’harmonie. Il me fait relativiser plus facilement, je suis axé. Dans le tao, l’équilibre est individuel et évolutif, il se réinvente constamment.

Pour autant, les lois de l’univers sont communes à tous. L’homme fait le lien Ciel / terre, il est insignifiant et pourtant c’est ce rien qui crée l’équilibre global.

On n’est rien et on peut tout, c’est notre petitesse qui fait notre grandeur.

4ème principe : La respiration

Si je suis attentif à ma respiration, je vais transformer mes  activités, agir sur ma santé et mes relations.

ACTION DE LA RESPIRATION

martial-arts-291046Respirer détend le Qi du foie. Renforce la rate et le poumon. Tonifie les reins. Avive les nerfs sensitifs.

Grâce à la respiration abdominale, le diaphragme masse les 5 organes fondamentaux en médecine chinoise (Cœur, Foie, Rate, Poumon, Rein).

La respiration permet l’intériorisation et l’extériorisation.  Elle fait le lien entre les deux.

Pour extérioriser les difficultés, il suffit de respirer, de chanter ou de crier. Sans m’en rendre compte, cela va permettre l’évacuation de mon problème.

Je vis un stress ? Je respire ventralement pendant 20 mn.
Ou je vais crier un bon coup dans la forêt plutôt que sur le boss.

Par la respiration, nous échangeons du gaz, du Qi, des émotions et nos états psychiques. Je peux donc agir sur l’autre en respirant sainement.
J’observe la respiration de l’autre, je me cale dessus. Puis je ralentis ma respiration : L’autre va alors ralentir la sienne et va donc s’apaiser.

Vous  dormez avec quelqu’un d’agité ?

  • Testez l’exercice !

LA RESPIRATION ABDOMINALE

L’idéal est de revenir 2 fois par jour à une respiration abdominale lente et profonde. Posez vos mains sur votre ventre, sentez-le se gonfler et se dégonfler, peu importe sur l’inspire ou l’expire. Faites au mieux pour vous.

Le tout est de bouger le diaphragme et donc de stimuler les 5 organes. La respiration abdominale doit être la plus lente, fluide et la plus souple possible.  A nouveau, imitez le chat.

Je ne respire jamais à fond trop longtemps, ça crée des tensions. Seulement à des fins thérapeutiques, pour évacuer.

LA RESPIRATION CIEL / TERRE

Debout, pieds bien ancrés en conscience dans le sol, genoux fléchis.
J’inspire, je visualise à travers moi la montée de l’énergie de la Terre vers le Ciel.

J’expire, je visualise à travers moi la descente de l’énergie du Ciel dans la Terre.

Je suis le lien entre les 2.

5ème principe : Prendre le temps

LA LENTEUR DU CHANGEMENT

L’évolution intérieure est lente, elle s’oppose à l’objectif, aux résultats, à la rapidité, à la compétition occidentale.

J’accepte que tout prenne du temps, l’être humain change lentement. C’est ainsi. Ce n’est donc pas la peine de commencer un travail intérieur si je ne suis pas prêt à y laisser 20 ans de ma vie.

un homme escalade une montagneSi vous rencontrez une personne capable de devenir rapidement ce que vous souhaitez qu’elle soit… Il ne s’agira que de séduction. Le changement ne durera pas.

A minima, un enseignement doit se faire sur une douzaine d’années, c’est le cycle moyen.  Or la motivation change en une décennie, quelque soit la formation. On est à fond au départ puis on arrête, on voit les choses autrement.
C’est normal, j’accepte la pause, je la vis, je reviendrai à l’enseignement différent.

De même, j’accepte que les fruits, les résultats viennent plus tard. La satisfaction ne sera pas immédiate.

LES CYCLES

Prendre son temps signifie intégrer les cycles de l’univers et du temps. Il existe les cycles journaliers, lunaires, annuels, de 7 ans, de 12 ans, de 5 ans. De nombreux cycles se superposent : affectivité, sommeil, maladie, immunité.

Certaines expériences ou personnages reviennent régulièrement dans ma vie ? J’accepte que les épreuves se représentent parce que je n’apprends jamais en un seul cycle :

  • Le 1er me montre le problème
  • Le 2ème je comprends que je dois changer
  • Le 3ème ma solution est incorrecte
  • Le 4ème ou 5ème ou 6ème ma solution est correcte
  • Enfin le dernier cycle : La vie va me tester !

Si un problème revient, ça peut être décourageant mais ce n’est pas parce que je n’ai pas avancé, c’est au contraire que je peux encore progresser sur le sujet.

Il peut aussi m’arriver de croire que rien n’avance dans un cycle, c’est en fait une période fondamentale. La graine commence sa poussée sous terre, on n’y voit rien !

LES OBJECTIFS

C’est difficile de gérer un objectif à 20 ans, il faut donc d’abord vivre le moment présent, ralentir et oublier l’objectif.

Je prends le temps, je profite vraiment du présent et du coup, je progresse plus vite intérieurement.

Quand je ne comprends pas quelque chose, je ralentis, ça décuplera la compréhension globale.

L’important est le chemin. Je ne m’intéresse pas aux résultats. Et quand j’obtiens un résultat, ce n’est pas grave, ça va passer !

6ème principe : L’intention

LA CONNEXION CORPS / ESPRIT

L’intention vient de notre partie profonde, intérieure, elle est corporelle, énergétique et spirituelle.

C’est une volonté que je ne décide pas avec mon cerveau. Elle est en place quand le corps et l’esprit sont réunis, alignés, connectés. Il n’y a plus d’espace-temps.

C’est une force qui induit une action immédiate, spontanée. Le geste est alors parfait, on n’a pas réfléchi.

Ecoute-moiLE QI

L’intention est fortement liée au Qi (en chinois, prononcer « tchi »).

Le Qi pourrait avoir pour traduction « Energie », le terme le mieux adapté étant « les souffles ». Il s’agit d’un concept essentiel de la culture chinoise.

Le Qi englobe tout l’univers, il relie les êtres entre eux et circule dans les méridiens de chaque être vivant.

L’ÉLAN VITAL

Pour pouvoir accomplir le geste parfait, je me concentre sur ce que je veux faire, j’ancre le Qi. Au moment de l’action, je projette le Qi à partir du ventre.

L’intention, c’est  « JE VEUX  » par le Qi. En travaillant le Qi,  je mobilise l’élan vital en moi. C’est la volonté du Qi qui se met en place (pas la mienne).

Dans l’intention, tout est possible, j’ai confiance en l’univers.

L’ACTION DANS L’INTENTION

Plus je pense avec mon cerveau et plus je suis dispersé, cela empêche l’intention de se mette en place.

J’observe les moments où je ne suis pas dans mon axe et je m’aligne. Quelle est la différence ?

Mes possibilités quand je suis axé sont décuplées.

ESSAYER D’Y ARRIVER ?

Je n’essaye pas l’intention. Je fais. Je suis.

« Essayer » induit l’échec programmé, je ne mets pas tout en œuvre pour y arriver.
Dire qu’on va essayer est de la fausse humilité. Le terme « essayer » est à bannir de ma bouche.

« Le bonheur est le bon chemin vers le bonheur, si tu veux être heureux, sois le. »

7ème principe : La circulation du Qi

PHYSIQUEMENT

Pour être en bonne santé et pour éviter l’immobilisme physique et/ou psychologique, l’énergie (ou Qi) doit circuler. Je rappelle que, selon la médecine chinoise,  les stagnations de Qi induisent des maladies à long terme.

Pour mettre en circulation l’énergie, la solution est très facile : Je dois bouger mon corps. Depuis 15 000 ans que nous sommes devenus sédentaires, nous avons oublié ce qu’est le mouvement. Et ça ne s’est pas amélioré depuis que nous sommes pourvus de télévisions (avec télécommande s’il vous plait…), ordinateurs, voitures et j’en passe.

La marche est la solution idéale pour faire circuler le Qi mais aussi le sport, le jardinage, les travaux physiques…

coupleDONNER ET RECEVOIR

Le Qi doit aussi circuler psychologiquement et spirituellement.

Les échanges d’énergie se retrouvent entre autre dans le « donner » et le « recevoir ». Quand je donne (de l’amour ou un objet), je crée un vide, cela implique un appel pour remplir. Donc pour recevoir. Le Qi circule.

Donner ne fait rien perdre si mon état d’esprit est correct, axé. Ce qui n’est pas le cas si je donne parce que je me sens coupable, par exemple. Mieux vaut alors ne pas donner.

Recevoir, c’est s’émerveiller de tout ce qui vient, je souris à tout, je remercie. Cela va vraiment me nourrir et me permettre de donner.

LA CONNEXION

La circulation du Qi augmente la connexion au ciel, à la terre, aux animaux, aux végétaux, aux humains… Si je réussis à sentir ce lien fondamental à l’univers, cela va me transformer, je vais grandir en sagesse, en conscience.

8ème principe : L’évolution

LE CHANGEMENT

J’accepte de changer en profondeur, c’est un placement intérieur. Définitivement, je ne serai plus ce que j’ai été. Je le décide.

Changer sera difficile au départ car il faudra se mettre en action, il faudra donner un coup de clé pour démarrer. Ou se lever de son canapé. Ou lâcher la télécommande de la télévision ou la souris de l’ordinateur.

Mon égo, qui n’aime pas être bousculé dans ses habitudes, n’appréciera pas. L’évolution va donc se faire dans la douleur. C’est normal.

Sourire pour être heureuxJE N’AI PAS LE CHOIX

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Lavoisier.

Je dois réaliser que la vie est un mouvement continuel et l’admettre. Si j’accepte l’évolution permanente, j’ai le sourire, je dis oui à la vie, ça m’aidera à lâcher.

Certains des mouvements auxquels je serai confronté seront incontrôlables. Ma foi en la vie et mon instinct de survie m’aideront et diminueront mes peurs.

Tout ce que je vis est unique. Je dois expérimenter les différents âges, les séparations, les difficultés, les maladies, la vieillesse, la mort…

La question est toujours « Qu’est-ce que j’apprends en ce moment ? Dans ces difficultés ? »

Nous recevons de riches enseignements toute notre vie, ils sont différents à chaque fois. Nous avons besoin de beaucoup d’expériences pour évoluer, pour grandir en sagesse.

Nous n’avons pas le choix, alors autant le prendre avec le sourire. Ce sera plus facile.

Tiré de l’enseignement donné au Cercle Taoïste Lyon

Marie Bertolotti

 

À l’origine du taoïste, il y a la doctrine de Lao-Tseu  mais aussi des croyances populaires ancestrales, en particulier le culte des esprits, de la nature et des ancêtres. À la fois philosophie, éthique et religion, le taoïsme est également un élément fondamental de la civilisation chinoise dont il a influencé la culture notamment la littérature, l’art et les sciences, comme la physique et la médecine.
Lao Tseu est probablement un personnage légendaire. 

D’après la tradition, Lao-Tseu est né de conception immaculée puisqu’il est l’enfant d’une femme et d’un rayon de soleil. Après une gestation de 81 ans, sa mère le met au monde par l’aisselle gauche, sous un prunier. L’enfant naît avec les cheveux blancs, signe qu’il est déjà un sage. On ne peut s’empêcher de comparer cette naissance avec celle de Bouddha, né de conception immaculée, enfanté par les flancs de sa mère pendant qu’elle tenait la branche d’un arbre.

Né au VIe ou Ve siècle avant J.-C. dans l’état de Chu, en Chine, Lao-Tseu aurait été archiviste. Mais lassé par le monde corrompu des hommes, il aurait décidé de le quitter et serait parti sur un buffle en direction de l’ouest. Arrivé à la frontière, le gardien lui aurait demandé de laisser au moins quelque chose de sa sagesse aux hommes et Lao-Tseu lui aurait dicté le texte de base du taoïsme : le Daodejing ou Tao-tô king, livre de la Voie. Composé en grande partie en vers, le Tao-tö king regroupe un ensemble de dictons et maximes métaphoriques. Ces préceptes parfois assez obscurs mettent cependant en évidence le principe essentiel du taoïsme : le dao (ou tao), la Voie. Un second texte, qui porte le nom de son auteur, Zhuangzi, rédigé probablement vers le IVe siècle av. J.-C., illustre et développe les thèmes du Tao-tö king par des anecdotes et des paraboles. D’abord philosophie, le taoïsme des élites intellectuelles se mêle avec des éléments issus des croyances populaires notamment du chamanisme et du bouddhisme pour devenir véritablement une religion.

Le dao est à la fois la loi universelle, l’ordre naturel des choses et l’unité fondamentale, la source de toute chose. Il est l’harmonie idéale, la perfection même. Le but de tout homme est d’atteindre la sérénité en mettant en adéquation son comportement et le dao. S’il y parvient, son esprit ne fera plus qu’un avec le dao et il sera immortel.
Le yin et le yang sont les deux aspects complémentaires du dao. Tantôt par leur conflit, tantôt par leur union, ils sont à l’origine de toute chose. La terre, la lune, la femme, le métal, l’eau, l’automne et l’hiver sont yin. Le ciel, le soleil, l’homme, le bois, le feu, le printemps et l’été sont yang. Le dao se manifeste également dans les cinq énergies naturelles auxquelles sont associées cinq éléments,  cinq couleurs,  et cinq directions,  etc. Le dao peut prendre l’aspect de divinités variées. Ces divinités ainsi que les huit Sages ayant acquis l’immortalité, constituent le panthéon populaire taoïste.

L’ensemble des textes relatifs aux pratiques est réuni dans le Daozang compilé en l’an 745 et publié pour la première fois vers 1444-1447. Le pratiquant doit cultiver la vertu : le dê,c’est-à-dire suivre le flux naturel des choses sans le perturber ou tenter de le modifier. Le dê se manifeste par le wou wei, art du non agir. Il s’agit de rechercher l’harmonie et d’éviter les études et les savoirs qui dérèglent l’esprit et l’éloignent de l’harmonie naturelle. La maîtrise du wou wei permet d’acquérir la concentration suffisante pour atteindre l’envol mystique. Celui qui y parvient est considéré comme un homme parfait et devient immortel. Outre cette préparation spirituelle qui l’amène à cultiver la modestie, l’humilité, la tolérance, le taoïste doit entreprendre une préparation physique. Ces pratiques dites de Longue Vie sont d’ordre ésotérique (magie, astrologie, etc.), alimentaire (prescription de certains aliments, interdiction de certains autres…) gymnastique (par exemple, pratique d’exercices respiratoires), médical, sexuel… et sont censées lui donner l’énergie nécessaire pour arriver à l’immortalité.

 

Tao Te King

Le livre de la voie et de la vertu

Livre 1

La voie qui peut être exprimée par la parole n’est pas la Voie éternelle ; le nom qui peut être nommé n’est pas le Nom éternel.
(L’être) sans nom est l’origine du ciel et de la terre ; avec un nom, il est la mère de toutes choses.
C’est pourquoi, lorsqu’on est constamment exempt de passions, on voit son essence spirituelle ; lorsqu’on a constamment des passions, on le voit sous une forme bornée.
Ces deux choses ont une même origine et reçoivent des noms différents. On les appelle toutes deux profondes. Elles sont profondes, doublement profondes. C’est la porte de toutes les choses spirituelles.

Dans le monde, lorsque tous les hommes ont su apprécier la beauté (morale), alors la laideur (du vice) apparu. Lorsque tous les hommes ont su apprécier le bien, alors le mal apparu. C’est pourquoi l’être et le non-être naissent l’un de l’autre.
Le difficile et le facile se produisent mutuellement.
Le long et le court se donnent mutuellement leur forme.
Le haut et le bas montrent mutuellement leur inégalité.
Les tons et la voix s’accordent mutuellement.
L’antériorité et la postériorité sont la conséquence l’une de l’autre.
De là vient que le saint homme fait son occupation du non-agir.
Il fait consister ses instructions dans le silence.
Alors tous les êtres se mettent en mouvement, et il ne leur refuse rien.
Il les produit et ne se les approprie pas.
Il les perfectionne et ne compte pas sur eux.
Ses mérites étant accomplis, il ne s’y attache pas.
Il ne s’attache pas à ses mérites ; c’est pourquoi ils ne le quittent point.

En n’exaltant pas les sages, on empêche le peuple de se disputer.
En ne prisant pas les biens d’une acquisition difficile, on empêche le peuple de se livrer au vol.
En ne regardant point des objets propres à exciter des désirs, on empêche que le cœur du peuple ne se trouble1.
C’est pourquoi, lorsque le saint homme gouverne, il vide son cœur, il remplit son ventre (son intérieur), il affaiblit sa volonté, et il fortifie ses os.
Il s’étudie constamment à rendre le peuple ignorant et exempt de désirs.
Il fait en sorte que ceux qui ont du savoir n’osent pas agir.
Il pratique le non-agir, et alors il n’y a rien qui ne soit bien gouverné.

|1| Le cœur de l’homme est naturellement calme. Lorsqu’il se trouble et perd son état habituel, c’est qu’il est ému par la vue des choses propres à exciter ses désirs. C’est pourquoi, en ne regardant pas les choses propres à exciter les désirs, on empêche que le cœur ne se trouble.
Dans les passages précédents, les mots « ne pas estimer », pouchang, « ne pas priser », pou-koueï, montrent que les mots « ne pas regarder », pou-kien, doivent se rapporter au roi.

Le Tao est vide ; si l’on en fait usage, il paraît inépuisable.
Ô qu’il est profond ! Il semble le patriarche de tous les êtres.
Il émousse sa subtilité, il se dégage de tous liens, il tempère sa splendeur, il s’assimile à la poussière.
Ô qu’il est pur ! Il semble subsister éternellement.
J’ignore de qui il est fils ; il semble avoir précédé le maître du ciel.

Le ciel et la terre n’ont point d’affection particulière. Ils regardent toutes les créatures comme le chien2 de paille (du sacrifice).
Le saint homme n’a point d’affection particulière ; il regarde tout le peuple comme le chien de paille (du sacrifice).
L’être qui est entre le ciel et la terre ressemble à un soufflet de forge qui est vide et ne s’épuise point , que l’on met en mouvement et qui produit de plus en plus (du vent).
Celui qui parle beaucoup (du Tao) est souvent réduit au silence.
Il vaut mieux observer le milieu.

|2| Le ciel et la terre n’ont point d’affection particulière. Ils laissent tous les êtres suivre leur impulsion naturelle. C’est pourquoi toutes les créatures naissent et meurent d’elles-mêmes. Si elles meurent, ce n’est point par l’effet de leur tyrannie ; si elles naissent, ce n’est point par l’effet de leur affection particulière. De même, lorsqu’on a fait un chien avec de la paille liée, on le place devant l’autel où l’on offre le sacrifice, afin d’éloigner les malheurs ; on le couvre des plus riches ornements. Est-ce par affection ? C’est l’effet d’une circonstance fortuite. Lorsqu’on le jette dehors, après le sacrifice, les passants le foulent aux pieds. Est-ce par un sentiment de haine ? C’est aussi l’effet d’une circonstance fortuite.

L’esprit de la vallée3 ne meurt pas ; on l’appelle la femelle mystérieuse.
La porte de la femelle mystérieuse s’appelle la racine du ciel et de la terre.
Il est éternel et semble exister (matériellement).
Si l’on en fait usage, on n’éprouve aucune fatigue.

|3| L’expression kou-chen, « l’Esprit de la vallée », désigne le Tao. Le mot kou, « vallée », se prend ici dans un sens figuré. Une vallée est vide et cependant elle a un corps, c’est-à-dire elle existe matériellement. Mais « l’Esprit de la vallée » est vide et immatériel (littéralement : et sans corps). Ce qui est vide et immatériel n’a point reçu la vie ; comment pourrait-il mourir ? L’expression kou-chen, « l’Esprit de la vallée », est destinée à exprimer sa vertu (la vertu du Tao).
L’expression hiouen-p’in, « la femelle mystérieuse », sert à exprimer ses mérites. Cette « femelle » produit tous les êtres. On l’appelle hiouen, « mystérieuse », pour dire que si l’on voit naître les êtres, on ne voit pas ce qui les fait naître. Le mot hiouen a le sens de « obscur, profond, impénétrable ». Tous les êtres ont reçu la vie, et, en conséquence, ils sont sujets à la mort. « L’Esprit de la vallée » n’est point né, c’est pourquoi il ne meurt pas.

Le ciel et la terre ont une durée éternelle.
S’ils peuvent avoir une durée éternelle, c’est parce qu’ils ne vivent pas pour eux seuls. C’est pourquoi ils peuvent avoir une durée éternelle.
De là vient que le saint homme se met après les autres, et il devient le premier.
Il se dégage de son corps, et son corps se conserve.
N’est-ce pas qu’il n’a point d’intérêt privés ?
C’est pourquoi il peut réussir dans ses intérêts privés.

L’homme d’une vertu supérieure est comme l’eau.
L’eau excelle à faire du bien aux êtres et ne lutte point.
Elle habite les lieux que déteste la foule.
C’est pourquoi (le sage) approche du Tao.
Il se plaît dans la situation la plus humble.
Son cœur aime à être profond comme un abîme.
S’il fait des largesses, il excelle à montrer de l’humanité.
S’il parle, il excelle à pratiquer la vérité.
S’il gouverne, il excelle à procurer la paix.
S’il agit, il excelle à montrer sa capacité.
S’il se meut, il excelle à se conformer aux temps.
Il ne lutte contre personne ; c’est pourquoi il ne reçoit aucune marque de blâme.

Il vaut mieux ne pas remplir un vase que de vouloir le maintenir (lorsqu’il est plein).
Si l’on aiguise une lame, bien qu’on l’explore avec la main, on ne pourra la conserver constamment (tranchante).
Si une salle est remplie d’or et de pierres précieuses, personne ne pourra les garder.
Si l’on est comblé d’honneurs et qu’on s’enorgueillisse, on s’attirera des malheurs.
Lorsqu’on a fait de grandes choses et obtenu de la réputation, il faut se retirer à l’écart.
Telle est la voie du ciel.

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