La Roue, un exemple de monnaie locale à nos portes

La roue, monnaie locale alternative spéciale « crise », arrive demain.
sur le site L’éveil 2011, ce qu’on ne dit pas à la télé

Vous avez toujours entendu dire que l’inflation c’est pas bon, n’est-ce pas ? Oui mais on vous explique aussi que certains mécanismes obscurs font que la dette fond grâce à elle, l’inflation. Vous suivez ? En parlant de dette, allez comprendre alors pourquoi le continent européen dont on dit que ses dettes le rendent faible, souffre d’avoir une monnaie trop forte… Ça y est, vous êtes perdu ? Comme tout le monde. Et pourtant, la monnaie, vous savez ce que c’est. C’est rond et métallique ou en papier rectangulaire, ça se trouve dans un porte-monnaie et ça sert à acheter son pain, payer ses courses et son journal. Et parfois on en glisse un peu dans la main de ceux qui n’en ont pas ou pas beaucoup.

Pour redonner du sens à ce qui en a perdu et remettre l’argent à sa juste place, ils sont quelques-uns à avoir imaginé de lancer, à Avignon et dans le département, une nouvelle monnaie. Une monnaie alternative et locale qui ne servirait pas à jouer au casino boursier mais simplement à acheter des choses et à faire travailler des gens qui, à leur tour, en feraient travailler d’autres. L’essentiel quoi. Cette nouvelle devise a été fondée par les mêmes que ceux à qui l’on doit la Maison alternative et solidaire d’Avignon, au travers d’une asssociation baptisée « Seve » (pour Système d’échange pour vitaliser l’économie). Elle s’appellera la « roue » et son principe a beau être simple, il fallait l’inventer.

Concrètement, chacun pourra échanger ses euros contre des roues qui se présentent sous forme de billets de 1, 2, 5, 10, 20 et 50 tout juste sortis de deux imprimeries de Pernes (lire ci-dessous). 1€ = 1 roue. Muni de vos roues, vous pourrez ensuite les dépenser auprès des producteurs, artisans et commerçants qui les acceptent (ils ne sont qu’une poignée pour le lancement mais de nombreuses négociations sont en cours).

Ce système n’est pas nouveau. Il serait né en Argentine au début des années 2000 lorsque le pays était frappé par une violente crise monétaire. Plutôt que de continuer à utiliser une devise dépréciée qui ne valait même plus le papier sur lequel elle était imprimée, certains ont eu l’idée de mettre en place une monnaie alternative, qui n’avait pas cours sur les marchés internationaux des changes. Une monnaie qui redonnait aux choses leur véritable valeur et a permis de faire redémarrer les économies locales.

La roue d’Avignon et du Vaucluse nourrit quelque part les mêmes objectifs. D’abord, elle favorise les circuits courts et promeut ainsi un développement durable. Ensuite, elle sera une monnaie « fondante ». Mais dans la main, pas dans la bouche. La nouvelle devise perdra progressivement de sa valeur si elle n’est pas dépensée. Alors rien ne sert de l’amasser, la roue doit tourner. Ainsi, elle favorisera les échanges et la production, de manière à remettre l’économie au service de l’homme. Bref, elle est une monnaie comme on en rêvait, frappée au coin de la solidarité. Et demain, elle sera réalité.

Le Vaucluse sort de l’euro !

 Publié le samedi 12 novembre 2011 à 17H18, La Provence

La roue, monnaie locale alternative spéciale « crise », arrive demain.

François Delay et Thierry Cottet ont tissé eux-aussi, un lien en s'unissant pour imprimer les

François Delay et Thierry Cottet ont tissé eux-aussi, un lien en s’unissant pour imprimer les « roues », une monnaie alternative.

Photo Valérie Suau

Vous avez toujours entendu dire que l’inflation c’est pas bon, n’est-ce pas ? Oui mais on vous explique aussi que certains mécanismes obscurs font que la dette fond grâce à elle, l’inflation. Vous suivez ? En parlant de dette, allez comprendre alors pourquoi le continent européen dont on dit que ses dettes le rendent faible, souffre d’avoir une monnaie trop forte… Ça y est, vous êtes perdu ? Comme tout le monde. Et pourtant, la monnaie, vous savez ce que c’est. C’est rond et métallique ou en papier rectangulaire, ça se trouve dans un porte-monnaie et ça sert à acheter son pain, payer ses courses et son journal. Et parfois on en glisse un peu dans la main de ceux qui n’en ont pas ou pas beaucoup.

Pour redonner du sens à ce qui en a perdu et remettre l’argent à sa juste place, ils sont quelques-uns à avoir imaginé de lancer, à Avignon et dans le département, une nouvelle monnaie. Une monnaie alternative et locale qui ne servirait pas à jouer au casino boursier mais simplement à acheter des choses et à faire travailler des gens qui, à leur tour, en feraient travailler d’autres. L’essentiel quoi. Cette nouvelle devise a été fondée par les mêmes que ceux à qui l’on doit la Maison alternative et solidaire d’Avignon, au travers d’une asssociation baptisée « Seve » (pour Système d’échange pour vitaliser l’économie). Elle s’appellera la « roue » et son principe a beau être simple, il fallait l’inventer.

Concrètement, chacun pourra échanger ses euros contre des roues qui se présentent sous forme de billets de 1, 2, 5, 10, 20 et 50 tout juste sortis de deux imprimeries de Pernes (lire ci-dessous). 1€ = 1 roue. Muni de vos roues, vous pourrez ensuite les dépenser auprès des producteurs, artisans et commerçants qui les acceptent (ils ne sont qu’une poignée pour le lancement mais de nombreuses négociations sont en cours).

Ce système n’est pas nouveau. Il serait né en Argentine au début des années 2000 lorsque le pays était frappé par une violente crise monétaire. Plutôt que de continuer à utiliser une devise dépréciée qui ne valait même plus le papier sur lequel elle était imprimée, certains ont eu l’idée de mettre en place une monnaie alternative, qui n’avait pas cours sur les marchés internationaux des changes. Une monnaie qui redonnait aux choses leur véritable valeur et a permis de faire redémarrer les économies locales.

La roue d’Avignon et du Vaucluse nourrit quelque part les mêmes objectifs. D’abord, elle favorise les circuits courts et promet ainsi un développement durable. Ensuite, elle sera une monnaie « fondante ». Mais dans la main, pas dans la bouche. La nouvelle devise perdra progressivement de sa valeur si elle n’est pas dépensée. Alors rien ne sert de l’amasser, la roue doit tourner. Ainsi, elle favorisera les échanges et la production, de manière à remettre l’économie au service de l’homme. Bref, elle est une monnaie comme on en rêvait, frappée au coin de la solidarité. Et demain, elle sera réalité.

Romain CANTENOT


« Un rêve : imprimer des billets »

« On naît pauvres, en se disant qu’il faut emprunter aux riches ce qu’ils ont : l’argent. Moi, ce qui m’a plu, c’est le côté Robin des bois de la roue. Quand on se fait confiance, avec cette monnaie, on n’a plus besoin des riches. Ça pousse les gens à l’action, au talent, sans humiliation » : François Delay, fondateur et directeur de l’imprimerie MG à Pernes-les-Fontaines, n’a pas hésité longtemps quand l’association lui a demandé d’imprimer les billets. « J’ai toujours eu envie de le faire ! Et puis ce qui m’a plu, c’est qu’ils disent que l’économie est un lien. C’est ce que nous vivons nous, avec nos clients. »

Pour preuve, il a tissé, lui, des liens d’amitié avec son concurrent carpentrassien Thierry Cottet, au point de travailler avec lui : François a réalisé les roues, Thierry les a dotées d’une petite ligne dorée qui les rend infalsifiables. Mais il n’y a rien d’étonnant quand on approche ce Breton, installé avec son épouse Sophie, à Pernes, depuis 17 ans : attentif, il a veillé à ce que ses dix salariés aient un intéressement au chiffre d’affaires. Et négocie avec des artistes qui lui demandent des rabais : « Je leur demande, en échange, de faire une oeuvre qui intègre le nom de notre entreprise« . Le résultat est tour à tour drôle, splendide, naïf… Mais toujours exposé.

Alors, du coup, François Delay a travaillé bénévolement pour réaliser plusieurs milliers de billets de 2, 5, 10 ou 50 roues. Avec autant de rigueur que s’il était dans les locaux de Chamalières (site de l’Imprimerie nationale). « J’ai aussi aimé que les billets aient un espace, pour y mettre une date de péremption. Ça rend la confiance vivante« , dit-il, conscient des limites: « Dans mon métier, on ne peut pas les utiliser. Nous avons, nous, des produits d’importations que nous payons ».

Publicités

2 réflexions au sujet de « La Roue, un exemple de monnaie locale à nos portes »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s