Bienvenue au parc d’attraction PetroLand…

Compte rendu librement inspiré de la conférence à laquelle j’assistais, le 10 octobre dernier à Apt. « Un avenir sans pétrole ? » et du site de Benoît Thévard, Un avenir sans pétrole ? [www.avenir-sans-pétrole.org]

 Bienvenue au parc d’attraction PetroLand…

en raison de pénurie, le parc va devoir fermer ses portes et vous dire adieu !

Vous aimez les sensations fortes, alors montez dans le train du pic pétrolier.
Attention, attachez bien vos ceintures, nous montons
!

Jamais une énergie ne fut comparable au pétrole.
La formation des hydrocarbures s’est faite au cours de millions d’années à partir de plantes et d’animaux morts qui se sont déposés au fond des océans. Des couches de sédiments supplémentaires se sont accumulées au dessus créant une forte pression qui couplées à une température importante issue du sous-sol, ont formé le pétrole. Ce pétrole a pu, soit remonter à travers des roches poreuses former des réservoirs sous forme liquide ou gazeuse, les hydrocarbures conventionnels, soit rester piégé dans la roche-mère (la roche où s’est formé le pétrole), les non-conventionnels, schistes, bitumineux et consorts…
Aussi est-il aisé à comprendre que les ressources (la quantité totale d’hydrocarbure estimée dans le sous-sol de la planète) sont limitées, mais ce ne le fut pas dans notre société qui allait orienter toutes nos productions autour du pétrole.
L’exploitation commence à la fin du XIXe siècle, et cette énergie envahit notre quotidien, carburant, chimie, matières plastiques, fibre synthétique…
Le grand boom de la découverte du pétrole atteint un pic en 1960. La production, qui s’en suit, arrive, elle aussi, aujourd’hui à son pic.

Nous arrivons au sommet de la pente, attendez-vous à la descente!
Mais pas tout de suite…

Les réserves ultimes, la quantité qui a été, est, sera extraite par l’homme, se décomposent (si je puis dire) ainsi : ce qui a été consommé, les réserves prouvées, les réserves probables et les réserves possibles.
L’estimation de ces réserves ultimes n’a depuis 20 ans pas bougé et se situe à 2500 milliard de barils environ. Seule la répartition dans les réserves varie. Or la part des réserves prouvées oscille entre 1100 et 1400 milliards de barils en fonction des critères et des acteurs et nous n’avons jusqu’à aujourd’hui consommé que 1200 milliards de barils soit près de la moitié des réserves. Alors nous pourrions nous réjouir, sauter en l’air et nous dire que selon les estimations il resterait encore 45 ans de pétrole !

Et après ? Un grand trou… plus rien ?
Les choses sont un peu plus compliquées. Même si nous disposons encore de la moitié des réserves, le pétrole qu’il reste est le plus difficile à extraire. Nous nous en apercevons aujourd’hui avec cette volonté d’exploiter les gaz et huile de schiste et les sables bitumineux avec toutes ces conséquences environnementales qui font l’actualité. C’est à une descente progressive qu’il faut nous attendre.
Nous allons donc attaquer la phase descendante après nous être retrouvés sur ce plateau que constituent ces hausses et baisses de carburants, ces découvertes de gisements auxquelles nous assistons depuis plusieurs années. Mais ne nous trompons pas, le pétrole pas cher, c’est fini.

Alors cette fois-ci on descend…

Avec un rythme de production en baisse, dans 5 à 10 ans la production va décroître de 1 à 5 % par an et en comptant sur une demande sans cesse croissante, en 2030 il nous faudra compenser 45 à 70 millions de barils de pétrole conventionnel par an (actuellement la production est de 88 millions de barils).

Alors quelles alternatives pour compenser ?
Agrocarburants…
prégnance sur la terre et production difficile à réaliser
Hydrogène,
trop gros problème technique et rapport énergétique faible
Électricité,
augmenter le parc de 25 %, peu réaliste,
Éolien et solaire…
Aucune de ces alternatives ne sont capables de même rendement énergétique.
Dans notre société moderne occidentale, un homme fait travailler 180 esclaves/énergie par jour pour se chauffer, s’éclairer, se déplacer… (
http://www.manicore.com/documentation/esclaves.html). Nous sommes dépendants du pétrole au point que, l’énergie dépensée lors des transports- ne représentant qu’une somme minime. En agriculture, par exemple, les régions françaises ont spécialisées leurs productions agricoles : les céréales dans les vastes plaines du centre, les élevages porcins en Bretagne, les fruits en Provence, etc., en conséquence de quoi elles ont perdu leur souveraineté alimentaire.

Mais qu’adviendra-t-il quand le pétrole augmentera ?
On s’aperçoit depuis peu que la courbe de la croissance économique évolue de façon parallèle à la courbe de la consommation d’énergie ! Alors plus d’énergie, plus de croissance…

Avant de s’engager plus avant, petit constat :

Fin de l’énergie fossile pas chère
Changement climatique
Autres énergies incapables de remplacement

Augmentation de la population
Hausse de la consommation

=> changer le modèle de nos sociètés.

Alors, on se fait une petite idée de la descente, et on se prépare à rebondir…

Quel avenir et quelles solutions ?

1. La résilience :
Une définition pourrait être la suivante :

La capacité d’un système à absorber un changement perturbant et à se réorganiser en intégrant ce changement, tout enconservant essentiellement la même fonction, la même structure, la même identité et les mêmes capacités de réaction.”(Dr Brian Walker) 
Cette définition peut s’appliquer à un écosystème, à un état psychologique, à des matériaux, mais aussi à une communauté humaine. Elle définit ainsi la capacité à ne pas être complètement désorganisée en cas de perturbation majeure de son fonctionnement habituel.
La résilience est définie par 3 critères :
– La diversité
(je rectifie par: viabilité): si notre système tente de nous faire croire à son efficacité, c’est au détriment sa diversité. Or un système efficace est un système qui casse; mais un système trop diversifié est un système qui stagne. Nous trouverons donc toujours dans ce critère et les suivants une notion d’équilibre.
– La réactivité : l’équilibre se trouve entre stabilité et adaptabilité
– La modularité : globalisation et autonomie

2. Quelles priorités ?

Satisfaire les besoins et en priorité les besoins primaires
Besoins primaires :
– Alimentation
– Santé
– Habitat
Besoins fonctionnels :
– Énergie
– Économie
– Transport

Qui ?
Avec les citoyens :

– créativité : il n’y a pas de solution miracle

– sensibiliser son entourage

-
 construire une vision positive (une fois qu’on est conscient du pic pétrolier et de ses conséquences, se fixer des étapes de réalisation)

– agir collectivement


La vision positive de la transition peut être comparé à l’addiction d’un fumeur


La tête : prendre conscience que fumer tue.
Le cœur et l’âme : digérer l’information et trouver la volonté de s’en sortir.

Les mains : agir pour s’en sortir.



Avec les collectivités territoriales
Avec l’Etat
(qui doit donner les moyens de relocaliser au risque d’une forte désobéissance civile).



4. Des pistes :
Besoins primaires : 


exemple alimentation : atelier cuisine pour réapprendre à cuisiner les légumes de saisons (et manif style fresh attitude)
exemple santé : valorisation de la médecine traditionnelle, connaissance des plantes
exemple habitat : construction paille et bois

Besoins fonctionnels

exemple énergie : évaluation/inventaire des possibilités locales, investissements collectifs
exemple économie : être conscient que la croissance n’existera plus et l’assumer, formations, monnaies locales et pourquoi pas la Banque
– exemple transport : accessibilité sur un rayon de 400 m (au-delà les gens préfèrent utiliser leur voiture), résoudre le problème des distances de 0 à 40 km (transports locaux), recréer le rail (un cheval tirant 10 tonnes, en tire 80 sur les rails !)…

Rassuré.e.s?
En tout cas ce fut un bonne soirée que je vous recommande, surtout si comme moi vous ne fréquentez pas trop les parcs d’attraction.
Si vous n’avez pas compris les explications, c’est sans doute que je me suis un peu fourvoyé, mais pas d’angoisse, nous sommes là pour développer une vision positive de l’avenir. Aussi sachez que Benoît Thévard sera là, sauf nouvel imprévu, en janvier. D’ici là vous pouvez consulter son blog.

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