Les ateliers du bulbe ou la coopérative de la réflexion

Ici le peuple de moi même (Adèle côte) incarne cette pluralité co-opérante .

Cette troisième voie que trace la construction coopérative est elle même « coopérationnelle » .
Le comment est dans l’objectif, le but est le processus lui-même.

La coopérative n’est donc pas simplement une co-laboration, c’est-à-dire une charge partagée de façon équitable (charge sous laquelle « on chancelle », on glisse – labare), elle est aussi une fabrique, une manufacture où toutes les mains s’activent harmonieusement.
On parle de coopérative pour désigner certaines manufactures, caves  de vigneron et autres lieu de transformation, c’est-à-dire que la façon dont on agit ensemble et l’esprit organisationnel va jusqu’à désigner l’espace de la mise en œuvre.
Il n’existe pas de co-laborative, de substantif désignant le lieux du travail divisé : il y a bien des laboratoires qui évoquent l’expérimentation, il y a bien des collaborateurs qui supposent tâche partagées mais pas un travail co-créatif.

Si c’est le plus souvent le lieu de la fabrique qui est co-opérationel c’est que le terme lui-même exprime l’idée d’œuvre commune (latin : opéra). Une œuvre est le résultat d’un travail et c’est en cela que toute œuvre est une création : elle n’est pas l’outil mais bien le résultat. En ce sens parler de mise en œuvre revient  à exprimer la manière dont on va s’y prendre pour être au plus juste service de la création.
Il suffit d’ajouter à ce mot le préfixe « co » qui induira la pluralité et nous obtenons ce magnifique concept d’une « co-créative », c’est-à-dire d’une œuvre commune  dont le mot co-opérative désigne à la fois le lieu, le chantier et l’organisation puisque ces trois activités dessinent les rayons indissociables du moyeu. L’axe « coopérationnel »  est bien plus qu’une simple orientation de projet sociétal, il en est le moteur et actionne (axionne) la roue.
Dés lors on comprend que les enjeux de la co-opérative n’ont pas d’autres choix que d’interroger sérieusement leur mise en œuvre puisqu’ils déterminent la cohérence de la mécanique :
Le terme éthique qui s’applique généralement à la façon de faire et pas nécessairement au résultat, assure dans le cas de la coopérative l’articulation des éléments entre eux. Celui qui, par emphase politico-réthorique, l’ajouterait au terme coopérative, manifesterait plus l’oublie des principes mécaniques de celle-ci  qu’une préoccupation morale, ce qui, vous l’avouerez serait bien inquiétant. Il faudrait être sourd et aveugle à l’altérité (et à sa sœur : la diversité) pour ne pas sentir que l’éthique est absolument consubstantielle de toute notion « coopérationelle ». En effet si le respect de l’intégralité de l’autre, qui constitue la pierre angulaire de toute morale intelligente, n’est pas tricoté dans la coopérative, celle-ci devient, de facto, une  « collaborative » d’où s’est soudainement effacée toute trace de créativité.
La coopérative est la fabrique de nos humanités et c’est bien vivre ensemble qui en fait tourner les moulins.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s