Du bienfait d’une coopérative indépendante pour la(les) structure(s) marraine(s)

 par Olivier Dumas

Quelle place pour la coopérative?

La coopérative est dans l’air du temps Europe Écologie. Je m’arrête volontairement dans l’énumération des termes qui composent le parti pour ne garder que ce qui fut un mouvement. L’idée de la coopérative, extraite d’un passé soixante-huitard, mi-utopique, mi-libertaire dans sa vision globale d’un bien commun, fut le socle de nos rapports aux autres, de résistance, de partage, de respect et d’engagement. L’idée de coopérative a stimulé les cervelles dans l’intelligence des structures, des réseaux adéquats et innovants. Elle avait tout son sens dans la politique faite autrement. Hélas, l’idée devint secondaire quand une structure classique s’affirma.

Alors est-il encore concevable de parler de coopérative si elle est reléguée au second plan. La force de son concept était la réunion de tous pour la transformation de la société et non une stratégie classique à tous partis politiques de prise de places, de pouvoir.

Pourtant, la coopérative est le seul catalyseur probable pour cette transformation dans l’intelligence du plus grand nombre.

De sa mission locale indépendante

La coopérative ne peut avoir tout son sens que si elle limite son espace de diffusion au contact physique de ses membres. Une mutualisation de ses moyens concrets en opposition à ces associations mutualistes nationales de représentation anonyme.

La coopérative est un espace de localisation et de responsabilisation du bien commun au bénéfice de ses membres identifiés.

La coopérative est à la fois dans le champ de la résistance créative, de la vision transformatrice et de l’expérimentation anticipatrice.

La coopérative, enfin, a une essence de partage, équitable, formatrice, culturelle. Elle est solidaire, se préoccupant de bien-être de tous, et opportune dans la lutte contre l’exclusion.

Elle est donc la structure adéquate à une nouvelle expérimentation démocratique, athénienne en respectant un mode de représentation par tirage au sort, dans une limite accordée au mandat et dans une recherche des méthodes de dialogues et de prises de décisions.

Laboratoire, elle ne peut se concevoir que dans l’indépendance, la multitude, la diversité de ses échanges, de ces pratiques.

Ses champs d’application couvrent tous les secteurs de la société, environnement, culture, social, économie…

Par sa structure localisée, elle œuvre à la mise en place d’initiatives alternatives et au recensement de l’existant. Ainsi, elle met en place des systèmes d’échanges (SEL, monnaies locales) pour dynamiser l’économie et favoriser le lien social sur son territoire. Elle est aussi concernée dans la préservation de la richesse de la biodiversité qui fait la spécificité de son territoire.

Elle est, de fait, un relais de pensée et d’action, « agir local, penser global ». Elle expérimente et pratique les idées alternatives. Elle est donc l’outil d’une transformation appliquée, ayant besoin de s’autofinancer mais aussi d’être m(p)arrainer par des structures volontairement engagées dans son processus. C’est dans sa dynamique que ses marraines trouveront des ouvertures, des adhérents, des candidats issus de la société civile, des électeurs et surtout de la crédibilité.

Enfin, en corps autonome, c’est à elle de se fédérer sur les territoires, dans les régions, en Europe.

Une mise en place locale

Le mouvement coopératif écologiste, créé fin 2010 à Salon-de-Provence, est la première étape du processus de mise en place d’une coopérative. Cette étape consiste à sensibiliser les territoires à une pratique collective de résistance, de partage et de respect. L’association coopérative a œuvré à la recherche des thèmes les plus pertinents à son action et à sa réflexion. Ainsi, lors de sa réunion constitutive, en février, étaient abordés les sujets sur le gaz de schiste (sur les dangers sanitaires des forages régionaux), sur la transition, sur l’eau (en vue du Forum Alternatif Mondial de l’Eau en mars 2012 à Marseille), sur la création de collectifs citoyens (contre-pouvoirs locaux), sur la mise en place d’outils de communication (projet de référencement des initiatives)… En pratique, cela se traduit par des films/débats lors de semaines consacrées à l’environnement sur Salon-de-Provence (Water makes money, Severn, Gasland, Waste land…), par des stands de sensibilisation lors de manifestations citoyennes, par des conférences sur l’énergie, les déchets, les transports, par des initiatives de transition autour de la permaculture et de l’habitat partagé, par une implication directe du mouvement dans le combat contre l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste en créant le collectif Provence en corrélation avec ceux des zones concernées par les demandes de permis, le Vaucluse et les Alpes de Haute-Provence, mais aussi en soutien des collectifs régionaux de Gardanne, Marseille et du Var, du sud-est, Ardèche, Gard, Hérault, Aveyron, Drôme et, enfin, nationaux dans un grand mouvement solidaire (là encore, le rôle des structures politiques devrait être de mutualiser des ressources avec la coordination nationale plutôt que de personnaliser ce combat à leur image). Bien sûr, le mouvement est aussi bien présent dans la lutte contre le nucléaire.

La deuxième étape sera la création des coopératives que j’appellerai volontiers municipales tant ce niveau semble opportun. Son but sera de se réapproprier le bien commun, de le gérer. Un maillage de coopératives pourra voir le jour sur les territoires pour mettre en place des politiques adaptées. Elles se fédéreront, sans doute, régionalement puis à un niveau européen pour la transformation écologique de la société.

Bien sûr, nous avons besoin d’ambassadrices, d’ambassadeurs, pour porter et apporter, dans le cadre d’eelv, cette vision transformatrice au plus grand nombre, mais la pertinence du niveau locale d’une coopérative municipale est la garantie de son intégrité au profit de toutes et tous.

Les axes de la coopérative

Une coopérative pour quoi faire ?

Agir local et se réapproprier le bien commun dans une structure partagée, solidaire, démocratique et innovatrice.

La ccopérative est un acte de résistance créative, non seulement elle doit reprendre en compétence le bien commun mais elle doit aussi favoriser les initiatives.

La ccopérative est un acte de solidarité, son but est de mener tout le monde au bien être.

La coopérative est un espace de respect et d’échange, c’est de son ouverture que dépend sa réussite.

Comment la mettre en place ?

La première chose qu’il faut soulever, c’est que la coopérative s’adresse à tous et pas seulement au peuple de l’écologie.

La deuxième, c’est de faire comprendre qu’un monde limité ne peut accompagner une croissance infinie, c’est la phase de sensibilisation.

La troisième est de fédérer les personnes et leurs initiatives alternatives autour d’associations et sur leur territoire (bassin de vie) afin d’entreprendre cette sensibilisation.

Ainsi à l’echelle des communes des coopératives pourront se mettre en place. Ses activités pourraient être dans un premier temps :

– assistance et services à la personne,

– formation  et soutien scolaire,

– espace du libre : artistes), écrivains,  graphistes, informaticiens indépendants,

– économique : artisanat traditionnel, agriculture alternative, restauration saine,

– culture  et information : médias alternatifs, sites, forums, réseaux, rencontres, loisirs

– promotion et entretien de la démocratie participative, création de collectifs citoyens

Aujourd’hui nous parlons d’un réseau coopératif pour une étape de sensibilisation

La sensibilisation à la transformation de la socièté se caratérise par la rencontre des différentes idées, pratiques, politiques et diffusion du courant alternatif.

C’est par le biais d’associations, d’obédience large, que se met en place cette rencontre, nous les appelons donc associations coopératives parce qu’elles vont mutualiser leurs moyens dans la réflection et l’action.

Ces associations sont des matrices car elles engendreront de vrai coopérative locale de vie. Ce sont elles qui, en partageant des expériences et en expérimentant, constituent leur propre réseau.

Si eelv veut garder l’initiative,  ses groupe locaux doivent créer des associations coopératives et s’associer aux mouvements en marche : les transitionneurs, les colibris, les objecteurs de croissance, les libertaires, les agendas 21…

Mais la coopérative est aussi un projet d’humilité, nous n’y entrons pas pour montrer, mais pour apprendre, dialoguer, expérimenter, décider.

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