L’Argent Dette

L’Essence de l’Argent : Un conte médiéval

L’Argent Dette de Paul Grignon (FR intégral)

L’Argent Dette 2 : Promesses Chimériques 2010 FR intégral

L’Argent Dette
Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.
http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Argent_Dette

L’Argent Dette (Money as Debt) est un documentaire sous forme de film d’animation de l’informaticien canadien Paul Grignon — diffusé en streaming sur Internet et en DVD — qui traite du crédit et de la création monétaire. Le succès rencontré par ce documentaire a conduit des universitaires et des journalistes à le commenter.
Le documentaire est le fruit d’un long processus de création mené par une petite équipe de bénévoles entourant Paul Grignon. Ce dernier précise que les animations ont été entièrement dessinées à la main et reprises sur un unique Apple G5 avec le soutien du médecin Edward Hamlyn de la British Association for Monetary Reform et des membres de l’American Monetary Institute.

Le documentaire expose les thèses suivantes :
* le métier de banquier est issu de celui d’orfèvres ayant tiré parti de leur activité de stockage de matières précieuses pour émettre des prêts avec les stocks confiés, en cachette des déposants ; la tricherie aurait perduré jusqu’à nos jours tout en se sophistiquant. Ce serait toujours un secret qu’on ne pourrait dévoiler sans risque ;
* la dette est un moyen de création monétaire, basé sur le principe des réserves fractionnaires ;
* l’existence des intérêts nécessite un accroissement permanent du PIB ;
* le caractère fini des ressources planétaires amène à remettre en cause ce principe dans l’optique d’un développement durable.

Les thèses du film sont illustrées par des citations comme celle du banquier du XVIIIe siècle Mayer Amschel Rothschild : « Donnez moi le droit d’émettre et de contrôler l’argent d’une Nation, et alors peu m’importe qui fait ses lois. » et des formules-choc, pour soutenir que la monnaie serait créée à partir de rien et que cette création serait donc fictive et infinie.
Le film connait un succès certain sur Internet. Fin 2009, il a été vu par plus de deux millions de spectateurs et traduit en au moins en 14 langues.
Le film a suscité de nombreuses réactions. Le travail de Paul Grignon a été salué et diffusé en France grâce aux interventions de David Abiker, sur France Info (14 octobre 2008), François Xavier sur le Mague.net (8 octobre 2008), André Gunthert, chercheur en histoire visuelle à l’École des hautes études en sciences sociales (14 octobre 2008), Astrid Girardeau et Erwan Cario dans Libération (15 octobre 2008).
André Gunthert indique notamment que la vidéo est une « remarquable et très pédagogique description du système financier ». Sur le site Rue89, le journaliste Pascal Riché adopte de son côté une position critique envers le documentaire, en prenant le contre-pied de « journaux comme Libération » et d’André Gunthert.
André Gunthert explique le succès de cette vidéo par un besoin du « grand public » d’assouvir « une demande d’explication qui grandit aussi vite que croît la catastrophe ». Explication que ne peuvent alors lui fournir « ceux qui savent » et qui « ne peuvent rien dire ». Par la suite, dans une réponse à Pascal Riché, le même Gunthert conviendra que cette vidéo était bel et bien « complotiste », mais que son intérêt résidait justement dans le fait d’être un « symptôme ». Quant à la chronique de David Abiker elle livrait différents points de vues sur le film en invitant simplement les auditeurs à aller le voir pour se faire une raison.

Un numéro de l’émission Arrêt sur images consacré au documentaire sous le titre « Arrêt sur images décrypte l’Argent-Dette » expose les critiques suivantes :
* le contenu informatif serait tendancieux ;
* le film accréditerait des thèses conspirationnistes ;
* le succès de la vidéo serait dû à ce qu’elle rassure le spectateur en validant certains préjugés : assimilation du banquier à un parasite et de l’intérêt au vol.
Alexandre Delaigue, l’un des participants de l’émission, explique dans un billet sur l’émission que « les mécanismes monétaires sont présentés de façon incomplète, le fait que l’extinction d’une dette détruise de la monnaie n’est pas présenté ». Cette lacune sera comblée par l’auteur en partie lors de la révision de 2010 de son premier film, et bien expliquée dans le second.
Un soupçon d’antisémitisme est également évoqué au cours de l’émission. Sont notamment en cause l’imagerie de la pieuvre, et l’utilisation du terme de bankster, traditionnellement utilisé par les milieux d’extrême-droite ; ainsi par exemple Léon Degrelle parlait de « dictature des banksters » et le Front National a démarré sa campagne aux élections européennes de 2009 en appelant à voter « contre l’Europe des Banksters ». Plus généralement une proximité idéologique certaine avec des courants qu’on peut assimiler à l’extrême droite, étant plus occupés à dénoncer tel ou tel aspect des choses, tel ou tel responsable, qu’à interroger le rapport social dans son ensemble.
Selon Alexandre Delaigue, « cette accusation d’antisémitisme relève de l’erreur d’attribution : cette vidéo repose sur de nombreux instruments complotistes, et l’antisémitisme repose lui aussi sur une vision complotiste du monde – celle du complot juif. D’où la tentation de considérer toute perspective et imagerie complotiste comme antisémite, par analogie. »
André Gunthert réfute ce lien entre image de pieuvre et antisémitisme, en indiquant qu’elle peut être utilisée dans la culture du complot pour représenter aussi bien la franc-maçonnerie que la puissance des États-Unis ou la Russie bolchévique.
Mise à part la rétrospective historique contestée dès le début de l’émission par Alexandre Delaigue, les invités ne répondent pas précisément aux questions de Daniel Schneidermann sur la véracité des thèses du film, comme :
* faut-il une croissance exponentielle ?
* d’où viennent les intérêts ?

L’argent Dette 2 et les réponses de l’auteur aux critiques
Paul Grignon a répondu aux principales critiques formulées à l’encontre du documentaire dans une chronique illustrée complémentaire publiée en anglais sur son site.
Il a également produit une version révisée de l’Argent Dette et une suite intitulée L’Argent Dette 2, Promesses chimériques.

Voici le contenu textuel de L’argent dette 2

L’argent dette 2, de Paul Grignon – Retranscription.

1(DVD chapter 1 Start Movie)

Vous n’avez peut-être pas gardé un souvenir aussi bon de votre premier dépôt à la banque. Mais il y a de fortes chances pour que, bien des années après, vous parliez encore de l’argent dans votre compte bancaire comme étant VOTRE argent … Mais ce n’est pas le vôtre.
Si nous avons un coffre bancaire, les titres et les objets de valeur que nous y déposons sont à nous. Nous louons un espace sécuritaire, à la banque, pour les déposer. Dans le langage courant, le terme « déposer » veut tout simplement dire poser quelque chose qu’on porte.
Mais utiliser le terme déposer pour parler d’un compte bancaire, c’est tout à fait trompeur. En réalité, un dépôt (sur un compte) bancaire est… un prêt à la banque.
En fait, le solde de notre compte bancaire indique le montant d’argent que la banque nous DOIT. Il représente une promesse de paiement faite par la banque, et non pas de l’argent liquide bien réel que nous aurions déposé. La différence est considérable.
Quand nous confions notre argent à la caissière de la banque, notre argent devient celui de la banque, qui peut en faire ce qu’elle veut. Tout l’argent déposé est l’argent de la banque. Il n’est plus à nous.
C’est pourquoi la banque nous paie des intérêts. Nous avons prêté notre argent à la banque.
La distinction peut paraître sémantique. Car nous savons que nous pouvons aller à la banque n’importe quand pour retirer notre argent en espèces. Mais cette distinction est cruciale!
Les opérations financières du système bancaire touchent tout le monde. Et pourtant la plupart d’entre nous ignorent tout du fonctionnement de ce système. Il faut savoir que l’économie mondiale actuelle repose sur un système de crédit fourni par les banques. Quand ce système s’effondre, tout le monde en subit les conséquences.
Le pire, c’est que les explications des spécialistes sur l’effondrement du système ne nous révèlent jamais les causes pro-fondes du mal… Ils ne nous disent jamais que l’argent liquide ne représente que de 1 à 5 % de l’argent en circulation, et que tout le reste de l’argent a été créé en tant que principal de prêts bancaires – pour lesquels la banque exige le remboursement du principal… plus des intérêts.
Avec ce processus, l’existence de l’argent dépend complètement de l’existence du crédit bancaire. Et dès le départ, le système est voué à la faillite, intentionnellement, car le total des débits est supérieur au total des crédits, dès la signature du premier prêt.

Mais maintenant que le système bancaire mondial est à deux pas de l’abîme, de plus en plus de gens se disent qu’ils ne peuvent plus ignorer la réalité actuelle. Beaucoup ont perdu leur maison et leur emploi, uniquement à cause du jeu intenable des prêteurs de fonds. Il est temps que nous comprenions le fonctionnement du système monétaire – et le besoin pressant de le modifier radicalement.

Clarifier les termes utilisés par le système constitue la toute première étape.

Maintenant que nous comprenons qu’un dépôt est en vérité un prêt consenti À la banque, la question suivante se pose : en quoi consiste ce prêt, très exactement?
Quand nous signons un accord de prêt, nous nous engageons auprès de la banque à payer le montant du prêt, plus des intérêts. En retour, la banque crédite notre compte du montant de ce soi-disant prêt.
Nous disons alors que la banque a versé l’argent du prêt à notre compte. Mais en réalité, la seule chose que la banque a faite, c’est de promettre de verser cet argent.
Il y a simplement eu un échange de promesses. Aucune des parties n’a donné quoi que ce soit de concret à l’autre. Toutes deux ont fait des reconnaissances de dette équivalentes. Alors, qui est vraiment l’emprunteur et qui est le prêteur?

Les termes prêt, prêteur et emprunteur sont tous trompeurs.

En échangeant des promesses de paiement, les deux parties ont créé un « crédit bancaire », ou de « l’argent scriptural» – c’est-à-dire des chiffres inscrits dans un compte chèque.
Nous pouvons dépenser ces crédits bancaires, car chaque fois que nous faisons un dépôt à notre compte, notre compte augmente. Nous présumons donc tout naturellement que de l’argent a vraiment été déposé. En réalité, à moins de déposer quelque chose de concret dans ce compte, il restera vide.
Un crédit bancaire ne représente qu’une promesse de payer, et non pas de l’argent bien réel. Une promesse indique toujours l’absence de l’item promis. Sinon, il n’y aurait pas besoin de promesse.
Alors, comme tous les comptes bancaires ne sont que des promesses de paiement, la banque et l’emprunteur échangent tout simplement des promesses. Du coup, avec quelques chiffres entrés sur un clavier, un solde positif apparaît dans le compte bancaire de l’emprunteur – sans que personne n’ait déposé le moindre argent réel dans ce compte.

Vous savez maintenant ce qu’est vraiment un « prêt bancaire ».

Quelle différence y a-t-il entre ce processus de création de l’argent et celui utilisé par des faux monnayeurs, qui créent de l’argent avec une planche à billets?
Nous savons tous que les faux monnayeurs commettent une fraude. En imprimant de faux billets de 100 $, ils créent de l’argent nouveau, à partir de rien
Dans la vie, l’argent nous donne le pouvoir d’acheter de vrais biens et services. Ici, il est clair que les faux monnayeurs ont créé un pouvoir d’achat pour de vrais biens et services sans rien avoir donné en échange, sauf des morceaux de papier sans valeur.
Les faux monnayeurs obtiennent donc quelque chose, pour rien, aux dépens des malheureux qui se laissent berner par leurs faux billets. Si les faux billets passent inaperçus, ils déprécient la masse monétaire globale – et tout le monde y perd. La contrefaçon des billets est un crime majeur : c’est le non-respect d’une entente sociale fondamentale, disant Tu ne voleras pas.

Mais faire un prêt à la banque, c’est aussi créer un nouveau pouvoir d’achat.

La différence, c’est qu’au lieu d’être une forme de vol, cette création d’argent est le fondement de tout notre système monétaire.
Comment se fait-il que la création de l’argent à partir de rien est un crime, dans le premier cas, mais qu’elle est une pratique commerciale standard par laquelle est créé presque tout l’argent du monde, dans l’autre cas?
Pour répondre à cette question, il faut se pencher sur l’historique des lois qui régissent le commerce. Mais auparavant, essayons de comprendre la logique qui sous-tend tout ce processus de prêt.

(DVD chapter 2)

L’emprunteur veut faire un achat, mais il n’a pas d’argent pour le faire à présent. Par contre, il est certain d’avoir assez d’argent à l’avenir pour payer à la fois son achat et les intérêts sur un prêt.
Alors l’emprunteur va à la banque pour demander un prêt. Il peut faire une promesse tout à fait crédible d’avoir de l’argent à l’avenir, mais actuellement, il a les poches vides. Et c’est bien pourquoi il a besoin d’un prêt!
Nous savons tous ce qui se passe ensuite. La banque demande à l’emprunteur de signer un accord, par lequel il s’engage à payer à la banque le montant du prêt, plus les intérêts. En cas de défaut de paiement, l’emprunteur s’engage à céder à la banque ce qu’il a acheté avec le prêt.
Chaque jour dans le monde, ce processus se répète un nombre infini de fois… Mais il pose un problème. Comment l’emprunteur peut-il promettre en garantie quelque chose dont il n’est pas encore propriétaire?
Si je veux vous emprunter 10 000 $ pour partir en croisière en Europe, est-ce que vous allez accepter l’auto de mon voisin comme garantie? Bien sûr que non! Vous savez parfaitement que je n’ai pas légalement le droit de vous donner l’auto de mon voisin.
Mais si je promets d’acheter l’auto de mon voisin avec 10 000 $ que vous me prêtez, c’est différent. Vous risquez d’accepter de me prêter ces 10 000 $, pensant que je vais acheter l’auto et la donner en garantie du prêt une fois que j’en serai légalement propriétaire. Mais tant que la transaction n’est pas conclue, votre prêt de 10 000 $ ne peut pas être garanti par le titre de propriété de cette auto.
Le problème posé par cette suite d’événements est facile à éviter. Vous pourriez acheter l’auto et puis me la vendre.
La banque pourrait faire de même. Si l’emprunteur promet à la banque d’acheter un item, pourquoi est-ce que la banque n’achète pas cet item avec son argent, pour le revendre à l’emprunteur qui remboursera avec des intérêts?
La réponse est simple. C’est parce que la banque, comme l’emprunteur, a les poches vides quand elle effectue la transaction.
Le rôle de la banque lors d’un soi-disant accord de prêt, c’est de créer « un compte » pour l’emprunteur.
En vérité… le soi-disant emprunteur a financé son propre compte en s’engageant frauduleusement à donner en garantie une auto… qui n’est pas encore à lui.
Et la banque, qui est le prétendu prêteur, n’a pas avancé d’argent… Si tout se passe bien, elle n’aura jamais à le faire.
L’emprunteur croit que le nouveau solde dans son compte représente son argent à la banque. Comme la plupart de nous, il ne comprend pas la différence entre l’argent et la promesse d’argent. S’il peut faire son achat dans un cas comme dans l’autre – quelle importance?
La question maintenant est donc de savoir si… la vendeuse de l’item acceptera la promesse de paiement de la banque.
Bien sûr, dans certains cas, celui ou celle qui vend voudra de l’argent en liquide. Mais la vendeuse acceptera probablement un chèque ou un transfert électronique de la banque de l’acheteur.
Pourquoi? Parce que la vendeuse sait par expérience qu’elle peut « déposer » ce chèque à sa banque, et le solde de son compte augmentera en conséquence.

ET ensuite?
La banque de l’acheteur doit maintenant le montant du prêt à la banque de la vendeuse. Alors vous pensez peut-être que cet argent va bel et bien être transféré. Mais la promesse de paiement faite à l’emprunteur par sa banque a simplement été transformée, par cette transaction : c’est devenu une promesse de paiement faite par cette banque à la banque de la vendeuse.
Mais la banque de l’acheteur doit transférer une partie de l’argent à la banque de la vendeuse, non?
Oui, mais probablement une toute, toute petite partie. Et à long terme, aussi longtemps que la banque obtient suffisamment de dépôts, le montant net de l’argent existant dont la banque aura besoin pour couvrir ses prêts peut théoriquement être de zéro.

Comment?
Imaginons tout d’abord que la vendeuse à son compte bancaire dans la même banque que l’acheteur. Elle dépose le chèque de l’acheteur dans son compte à elle.
La banque a une seule chose à faire : déduire du compte de l’acheteur le montant crédité au compte de la vendeuse.
Comme dans les deux cas, ce ne sont que des promesses, aucun argent existant ne transite vraiment.

Quel est le résultat final de cette opération?
La banque a créé un crédit bancaire d’un montant de 10 000 $ pour l’emprunteur. L’emprunteur a acheté une auto, qui est quelque chose de bien réel, et la vendeuse a maintenant un crédit bancaire de 10 000 $.
10 000 $ ont été créés pour l’achat d’un bien très concret, sans que la banque ou quiconque n’y mette le moindre argent! En plus, la banque va se faire rembourser tout cet ‘argent’ par l’emprunteur, avec des intérêts. S’il ne paie pas, la banque récupèrera l’auto!

Des tours de magie comme celui là, on n’en voit d’habitude qu’au spectacle!

Mais qu’est-ce qui se passe si la vendeuse dépose son chèque dans une autre banque. Est-ce que la banque de l’acheteur devra transférer des fonds à la banque de la vendeuse?
Peut-être. Mais sans doute infiniment moins que le total du prêt, car le système bancaire fonctionne comme une seule banque.
Pour bien le comprendre, ajoutons une autre transaction à ce scénario. Imaginons que le même jour, la banque de la vendeuse a consenti un prêt similaire à une vieille dame qui a acheté un méga système de cinéma à domicile. Le magasin d’électronique a déposé le chèque de cette dame à sa banque.
La banque du magasin d’électronique avait fait un prêt similaire qui avait été déposé à la banque de l’emprunteur d’origine.
Une fois toutes les transactions réglées, les banques ne se doivent rien – ou s’il y a de petites différences, ce n’est qu’une infime partie du crédit total ainsi créé.
C’est clair : bien que les banques ne prêtent pas vraiment l’argent des déposants, contrairement à ce qu’on croit générale-ment, elles ont besoin de dépôts pour consentir des prêts. En effet, les banques ont besoin de faire rentrer des crédits, provenant d’autres banques, pour compenser les crédits qu’elles émettent à d’autres banques.
Aussi longtemps qu’une banque parvient à équilibrer les rentrées et les sorties de crédits, elle peut consentir de nouveaux prêts et donc continuer à créer de l’argent. Aucun argent créé ne devra sortir de ses poches.
La banque est libre d’investir ses propres fonds en obligations de sociétés et en obligations d’État, ou dans tout autre instrument financier autorisé par sa charte.

Toutes ces transactions peuvent être résumées dans un diagramme.

Les intérêts que paient les gouvernements et les sociétés aux banques sur leurs obligations sont en réalité payés par nous. Nous payons ces intérêts sous forme d’impôts. Et nous les payons par tous les biens et services que nous achetons.
Les banques se déchargent sur nous d’une autre responsabilité : si elles font faillite, et si ne peuvent pas respecter leurs promesses de paiement, c’est nous qui payons les pots cassés.
Mais vous vous demandez peut-être comment les banques peuvent faire faillite si elles ne doivent pas vraiment déposer des fonds lors de ces transactions. Comment peuvent-elles avoir quelque chose à perdre?
La réponse est la simple : la grande différence entre les banques et les faux monnayeurs, c’est que les banques ont légalement le droit de créer de l’argent, mais uniquement en respectant des règles de comptabilité bien précises.
Une banque peut uniquement créer de l’argent en inscrivant les remboursements et la garantie de l’emprunteur à la rubrique des actifs de la banque, du côté positif de ses livres bancaires, le tout étant compensé du côté négatif par le prêt – ou par ce que le système bancaire appelle « l’engagement » créé par la banque.
Si l’emprunteur ne fait pas ses remboursements, l’actif donné en garantie est saisi puis vendu par la banque. Dans un marché en décroissance, quand les reprises de possession sont nombreuses, la nouvelle valeur de l’actif, qui a diminué, ne couvre pas le passif de la banque.
La banque inscrit alors une perte dans ses livres. Quand les forclusions se multiplient, par exemple à la suite de l’effondrement du marché de l’immobilier, une grande partie des garanties bancaires partent comme en fumée et les banques essuient alors de lourdes pertes.
En réalité, ce sont juste des chiffres, complètement immatériels. Mais les banques doivent respecter les obligations que ces chiffres leur imposent. En cas de dérapage, les conséquences peuvent être terribles : paralysie de l’économie, désintégration sociale, chaos financier, famine, émeutes et guerres.
Bon… comme nous étudions l’anatomie d’un prêt, nous allons présumer que le système continuera de fonctionner et que ces trois emprunts seront remboursés.
Le résultat final, c’est que pas un seul dollar d’argent existant n’aura changé de main. Mais 30 000 $ de nouveau crédit bancaire auront été créés et dépensés dans la masse monétaire… Et chacune des trois banques aura récupéré des intérêts sur 10 000 $.
Alors, est-ce que la création de ces 30 000 nouveaux $ constitue une fraude, comme la contrefaçon des billets?
Une différence évidente, c’est que le système bancaire est légal, réglementé par le gouvernement, contraint par la justice à suivre des règles de comptabilité établies.
Une autre différence, c’est qu’il n’y a pas de victime bien visible, alors que les faux billets font très clairement des victimes.
Les banques affirment que la vendeuse et l’acheteur ont tous les deux obtenu ce qu’ils voulaient, par un accord mutuel. Alors où est la fraude? Et s’il y fraude, qui serait le perdant?

Pour répondre à ces questions, voyons un peu qui a tiré quoi de cette transaction.

(DVD chapter 3)

L’emprunteur a fait l’achat qu’il voulait, selon des conditions qu’il a acceptées librement. Il regrettera peut-être cet-te décision par la suite, quand il aura bien du mal à faire ses remboursements… Mais il se peut aussi qu’il soit très heureux d’avoir obtenu ce prêt.
De son côté, la vendeuse a obtenu un crédit bancaire, qu’elle considère comme étant « son argent à la banque ». Elle a confiance de pouvoir dépenser cet argent quand elle le voudra. Elle est donc certaine d’avoir été complètement payée.

Mais est-ce que quelqu’un d’autre a souffert de cette transaction? Quelqu’un que nous aurions oublié?
Eh bien… il y a aussi la banque, qui récupère des intérêts sur une promesse de paiement. Les banques sont spécialistes dans ce domaine et généralement elles se tirent bien d’affaire.

Alors, qui d’autre?
Demandons-nous un peu d’où est venue cette auto?
L’auto a été fabriquée à partir d’éléments bien concrets : ressources naturelles, énergie et main-d’œuvre sont entrées dans sa fabrication. Alors pourquoi pas considérer qu’un des intéressés est la société dans son ensemble, ou même le monde réel d’où viennent toutes les ressources?
N’oublions pas que l’argent créé par le nouveau crédit bancaire ne dort pas. Il est dépensé, mis en circulation dans le mon-de bien réel. C’est à ce monde bien concret que l’argent va, en fin de compte, en échange de l’auto.
Par exemple, cet argent nouveau peut stimuler une production nouvelle, contribuant à la croissance de l’économie et au bonheur de certains. Ainsi, une bonne partie des crédits bancaires prennent la forme d’hypothèques, qui permettent d’acheter des maisons et qui stimulent l’industrie de la construction, grand fournisseur d’emplois correctement payés.
Mais, après cet effet productif, l’argent nouvellement créé par un prêt dépréciera la masse monétaire, réduisant le pouvoir d’achat de l’argent d’un très petit montant.
Alors, contrairement au cas des faussaires qui font clairement des victimes, la perte ici est essuyée par nous tous. Car l’élément concret du prêt, à savoir l’auto, a été extrait de l’ensemble du monde, ce qui a causé une petite perte de la valeur de l’argent pour tout le monde.
Poursuivons notre comparaison entre le crédit bancaire et la contrefaçon des billets. Les faux billets sont éventuellement détectés et retirés de la circulation, entraînant une perte directe pour toute personne qui les a acceptés. Bien sûr, il est impossible de prédire quelle partie des faux billets sera repérée, ou quand les faux billets seront éliminés de la circulation.
Le crédit bancaire est lui aussi éliminé de la circulation, parce qu’à chaque paiement, une partie du principal est remboursée et éliminée. Presque tout l’argent actuel prend la forme de crédit bancaire. Par conséquent, presque tous les dollars qui passent sur nos comptes ont une date d’échéance : un jour, ils serviront au remboursement du principal sur un prêt bancaire et ils cesseront d’exister.
En plus des paiements du principal, il y a les paiements d’intérêt, qui constituent des revenus pour les banques. La plus grande partie de ces revenus sont recyclés dans l’économie sous forme d’intérêts payés aux déposants et de diverses dépenses des banques.
C’est pourquoi il n’y a pas de perte évidente quand un crédit bancaire est éliminé de la circulation, alors que la perte résultant de l’action des faux monnayeurs est bien visible.
Mais regardons de plus près. Une connaissance élémentaire de l’arithmétique suffit pour comprendre le pouvoir que confère le contrôle de la masse monétaire et pour saisir comment, avec le système actuel, la dette totale doit sans cesse augmenter – faute de quoi le système s’effondre.
Chaque fois que le rythme de création de l’argent-dette perd du terrain sur le rythme de destruction de l’argent-dette, le total de l’argent en circulation diminue.
C’est ce qu’on appelle la déflation, car la masse monétaire rapetisse, comme un ballon qui se dégonfle. Il y a donc moins d’argent par rapport aux biens et aux services disponibles. Et comme il y a moins d’argent, le prix des biens et des servi-ces baisse.
À première vue, on pourrait croire que ce serait une bonne chose – et ça pourrait l’être… si l’argent n’était PAS créé sous forme de dette avec intérêts!
Pour toute personne qui n’est pas endettée, la déflation aurait pour résultat un dividende général – payé sur les biens et services de son choix.
Ce serait un peu comme si cet argent venait d’actions que les gens auraient dans une compagnie prospère dont ils seraient les propriétaires – et qui serait leur nation
Les gens n’auraient pas besoin de demander une hausse de salaire. Si la nation était plus productive, et méritait une augmentation, tout le monde en profiterait automatiquement – car tout le monde pourrait acheter plus avec son argent.
Malheureusement, ce n’est PAS DU TOUT l’effet que produit la déflation dans un système où l’argent est créé sous forme de dette avec intérêts.
Plus de 95 % de tout l’argent actuellement en circulation prend la forme de dettes envers les banques, c’est-à-dire de pro-messes de remboursements avec intérêts. Comme nous l’avons vu, le principal est créé lors de l’accord de prêt – mais pas l’intérêt.
Comme un certain temps s’écoule entre la création du prêt et son remboursement, et que la plus grande partie des revenus d’intérêts est recyclée sous forme de dépenses de fonctionnement des banques, la plupart d’entre nous parviennent à faire leur remboursement – aussi longtemps que la masse monétaire grossit.
Mais si la masse monétaire ou la dette totale diminue, l’argent devient plus difficile à gagner, parce qu’il se fait plus rare. Il devient alors de plus en plus difficile de faire des remboursements fixes. Pour les gens lourdement endettés, la rareté de l’argent peut s’avérer catastrophique.

Les effets psychologiques de la chute des salaires et des prix accélèrent rapidement tout le processus, car les emprunteurs – y compris les grandes entreprises – n’ont plus confiance de pouvoir rembourser leurs prêts. Alors, ils n’en de-mandent plus et comme il n’y a plus création de nouveaux prêts pour remplacer les anciens, la pénurie d’argent s’aggrave vite, entraînant la disparition de nombreux emplois et la réduction du pouvoir d’achat. Ce phénomène a lieu même dans un contexte de ressources abondantes et de solide capacité de production.
Cette redoutable spirale descendante rend inévitable les forclusions massives. Les prix dégringolent, car plus personne ne veut dépenser d’argent. Du coup, la valeur des garanties de prêts chute, et les banques se retrouvent avec de lourdes pertes dues aux radiations de prêts. Certaines doivent fermer. Les consommateurs et les entrepreneurs ne font plus confiance au système. Bientôt, le malaise économique et social se fait grave.
Rien ne peut arrêter cette spirale catastrophique, à moins que quelqu’un – généralement le gouvernement – ne crée de l’argent nouveau ou ne s’endette lourdement auprès des banques privées pour créer assez d’argent afin de relancer l’économie.

L’exemple le plus connu de ce scénario est le krach boursier de 1929. La crise a eu pour effet psychologique que les gens ont fait de moins en moins d’emprunts. Il y a donc eu de moins en moins d’argent créé. La Réserve fédérale américaine n’a rien fait alors pour lutter contre la déflation. En 1932, la masse monétaire était réduite d’un tiers! Des milliers de gens ont été expulsés de leur maison, car l’argent requis pour rembourser leur hypothèque avait tout simplement cessé d’exister.
Et puis… en 1932, Franklin Roosevelt est devenu président des États-Unis. Avec sa Nouvelle Donne, ou New Deal, Roosevelt a relancé l’économie en rétablissant la masse monétaire. Pour remédier au manque d’argent, il a emprunté auprès des grandes banques privées. Dans les usines, le travail a repris. Mais il a fallu attendre la Deuxième Guerre mondiale pour qu’il y ait de nouveau abondance d’emplois et d’argent.
C’est grâce à tout l’argent investi dans l’effort de guerre que la Grande Crise a pris fin. Mais la guerre a aussi causé 50 millions de morts et a mené à une nouvelle hostilité dans les rapports de pouvoir mondial, avec une course aux armements, un gonflement de la dette, et des mutations sociales et technologiques radicales.

(DVD chapter 4 )

Tout cet effet de boom économique et de chute économique est appelé le cycle économique – comme si c’était un phénomène tout à fait naturel, comparable au cycle de l’eau ou à celui du carbone…. Deux cycles naturels qui sont régis par le soleil.

Et le cycle économique, lui, par quoi est-il régi?
L’un des éléments de réponse est la masse monétaire. Comme nous l’avons vu, cette masse monétaire dépend des prêts. Alors examinons ce qui se passe tout au long d’un prêt.
Nous savons qu’un crédit bancaire n’est rien d’autre qu’une PROMESSE DE PAIEMENT faite par la banque, promesse que la banque a créée relativement à la promesse de paiement faite par l’emprunteur.
La promesse de paiement de la banque sert généralement à acheter des biens et des services réels, et l’argent circule donc – ce qui facilite les échanges. En tant que moyen d’échanges, la promesse de paiement actuelle est formidablement efficace et souple. Mais comme aucun argent n’est créé pour payer l’intérêt, une situation apparemment impossible en résulte.
Si les emprunteurs devaient tous payer leurs intérêts simultanément, ils devraient se battre pour trouver des fonds car le total de l’argent existant serait bien inférieur au total de l’argent dû. Le pourcentage des emprunteurs incapables de rembourser pourrait aisément être calculé.
Mais en général, les intérêts sont remboursés graduellement, pas d’une seule fois. Quand les revenus d’intérêts sont recyclés dans l’économie, ils peuvent être regagnés, encore et encore. Une fois qu’on a compris ce point, la question quant à la possibilité de rembourser ou non les intérêts devient encore plus complexe.

Alors, existe-t-il un système durable de prêts qui ne produit pas mathématiquement et inévitablement des défauts de remboursement?

(DVD chapter 5)

Au Moyen Âge, pratiquer L’USURE, au sens que ce terme avait alors – c’est à dire prêter de l’argent avec intérêts – était condamné en tant que péché. La justification était d’ordre moral, mais la raison profonde était d’ordre pratique. Avec une masse monétaire fixe, comme une masse monétaire d’or, les gens qui auraient systématiquement recyclé les fonds qu’ils prêtaient avec intérêt auraient fini par s’accaparer tout l’argent!
Ce problème a d’ailleurs été l’un des facteurs premiers de la chute de l’Empire romain. Comme de richissimes particuliers avaient amassé d’énormes quantités d’or, le gouvernement a dû fabriquer des pièces à partir de métaux de base, sans valeur. Du coup, cette monnaie dépréciée a causé un manque de confiance envers le système – qui a craqué. Une formidable leçon en a été tirée. Durant tout le millénaire qui a suivi, l’Église catholique romaine a déclaré que prêter de l’argent avec intérêt serait un péché, punissable d’excommunication. Dans certains pays, la pratique de l’usure était même passible d’une condamnation à mort.
Est-ce vraiment un péché que de prêter de l’argent avec intérêt? De nos jours, il semble tout à fait logique de se faire payer pour prêter son argent. Mais ceci présente un problème. Si les prêteurs ne dépensent pas tous les intérêts qu’ils récupèrent, permettant ainsi aux emprunteurs de gagner cet argent, les emprunteurs vont avoir du mal à faire leurs paiements – quelle que soit leur ardeur au travail. Certains ne vont pas pouvoir rembourser leur prêt, c’est mathématique.
La situation est très facile à comprendre avec une masse monétaire fixe, par exemple avec des pièces d’or. Aussi long-temps que toutes les pièces d’or récupérées à titre d’intérêts sont dépensées, donc remises en circulation, et que les emprunteurs peuvent les gagner par leur travail, ces mêmes pièces peuvent servir à rembourser des intérêts, encore et encore. Les prêteurs profitent en achetant de vrais biens et services avec ces pièces d’or, mais ces pièces doivent servir à faire des dépenses – et non pas être retirées de la circulation.

Même si ce système n’est pas très moral, il est durable.

Mais si les pièces d’or sont prêtées de nouveau avec intérêts, ou si elles sont retirées de la circulation parce que quelqu’un les met de côté, il y aura un manque de pièces d’or pour rembourser la dette globale.
C’est fondamentalement ce qui se passe dans notre système monétaire actuel, fondé sur l’argent-dette.
Comme nous l’avons vu, presque chaque dollar existant de nos jours est créé sous forme d’argent-dette, avec un échéancier de remboursement du principal, jusqu’à ce que la dette soit éteinte.
Donc, pour que tous les emprunteurs puissent rembourser le principal plus les intérêts, il faut deux choses. Premièrement, chaque dollar créé en tant que principal doit être dépensé pour pouvoir être regagné par l’emprunteur, afin que celui-ci puisse rembourser le principal qui permettra d’éteindre chaque dollar-dette. Et deuxièmement, chaque dollar payé par l’emprunteur à la banque sous forme d’intérêts doit lui aussi être dépensé, encore et encore, pour être regagné par l’emprunteur afin de servir au remboursement des intérêts, encore et encore.
L’une des théories favorites des prêteurs est la suivante : étant donné que les banques dépensent leurs revenus d’intérêts sous forme de frais de fonctionnement, d’intérêts payés aux déposants et de dividendes versés aux actionnaires, il y a suffisamment d’argent en circulation pour faire tous les paiements.

Mais cette idée, comme celle d’une pénurie absolue d’argent, est une simplification à outrance.

Imaginons maintenant ce qui se passe si quelqu’un d’autre que la banque – par exemple vous ou moi, ou un prêteur non bancaire – obtient ce dollar et le prête avec intérêt?
Ce dollar doit maintenant être remboursé à deux prêteurs différents, avec deux intérêts différents et simultanés. De plus, si ce dollar est prêté, remboursé et prêté de nouveau par le second prêteur, il n’est plus disponible pour rembourser le principal du prêt par lequel il a été créé.

Alors, est-ce que nous pouvons emprunter à Pierre pour payer Paul et emprunter à Paul pour payer Pierre?

C’est là que la problématique devient vraiment intéressante. Oui, c’est possible… mais chaque fois que nous le faisons, de nouveaux intérêts viennent s’ajouter, qui doivent eux aussi être remboursés. Si tous les intérêts cumulés peuvent être gagnés, tous les remboursements peuvent être faits. C’est à partir de cette hypothèse que de nombreux défenseurs du système actuel affirment qu’il ne peut jamais y avoir pénurie d’argent – et que tous les remboursements peuvent être faits.
Mais cette assurance semble trompeuse. Par exemple, si le second prêteur accapare une partie de l’argent requis pour éteindre le prêt qui a servi à créer l’argent au tout début, le prêt d’origine ne peut pas être complètement remboursé. La différence devra être empruntée, encore et encore, chaque fois avec des intérêts. Chaque différence sera cumulative et s’ajoutera à une dette totale sans cesse grandissante qui ne pourra jamais être complètement éteinte.
Et bien sûr, pour chaque intérêt nouveau ajouté au système, un PLUS devra sortir du système pour payer cet intérêt.

Tout le monde est touché : les gouvernements, les producteurs et les consommateurs.

Pour ce PLUS, les producteurs doivent augmenter leurs prix, ou faire plus de ventes. Mais pour faire plus de ventes, il faut généralement baisser les prix, et donc vendre toujours plus, ce qui mène à une surchauffe de la production et à une saturation du marché. En fin de compte, il y a des pertes d’emplois, des fermetures d’usines et des faillites.
Pour ce PLUS, les gouvernements doivent augmenter les impôts. Mais l’augmentation des impôts draine l’argent de l’économie de production, entraînant une réduction de la capacité collective à payer des impôts. Le gouvernement doit alors emprunter davantage, avec des intérêts accrus.
Et pour ce PLUS, les consommateurs doivent par exemple trouver un second emploi ou emprunter davantage pour rembourser d’anciennes dettes, ou encore prolonger l’échéancier de leurs remboursements.
Mais une concurrence accrue pour les emplois entraîne une diminution des salaires. Et un remboursement sur une période plus longue fait considérablement augmenter les intérêts à rembourser.
Enfin, emprunter pour payer d’anciennes dettes, c’est un peu comme remplir un trou en creusant un trou toujours plus grand.

Voilà la situation dans laquelle nous nous retrouvons actuellement. Les producteurs ne peuvent pas vendre davantage, car les consommateurs n’ont pas les moyens d’acheter davantage. Les gouvernements diminuent les impôts, en espérant stimuler la demande des consommateurs. Et le revenu réel des consommateurs stagne, ou baisse, en raison de la concurrence pour les emplois.

En résumé, toute augmentation du montant total des intérêts dans le système monétaire entraîne une vraie pénurie d’argent.
Tout ceci s’explique du fait que la véritable économie de production est limitée par la disponibilité restreinte des richesses naturelles. L’économie de production répond à des besoins bien réels. Actuellement, elle ne parvient pas à suivre le rythme de l’économie artificielle fondée sur les transactions financières, qui a un appétit effréné pour le gain – sans aucun égard pour les limites naturelles du monde réel.
La théorie selon laquelle il y aura toujours assez d’argent pour payer tous les intérêts est séduisante.
Mais pour être vraie… elle devrait être vraie à 100 %.

Or c’est impossible.
Premièrement parce que les seconds prêteurs, qui ne sont pas des banques, représentent une bonne partie des prêteurs. Et ils demandent des intérêts sur de l’argent pour lequel un intérêt doit déjà être remboursé.
Deuxièmement, il faut considérer les attentes culturelles. Tous les gens qui ont de l’argent s’attendent à ce que leur argent leur rapporte toujours plus. L’argent qui devrait être dépensé, c’est-à-dire remis en circulation pour que le premier emprunteur puisse le gagner, est prêté de nouveau avec intérêt – ou investi.
Les deux conditions qui devraient être remplies pour que tous les emprunteurs puissent rembourser le principal plus les intérêts, et donc éteindre véritablement leurs dettes, sont impossibles à satisfaire dans le système monétaire existant.
Rien dans notre système monétaire n’interdit de reprêter l’argent créé à partir d’un prêt. Et rien n’oblige les banques à dé-penser leurs revenus d’intérêts pour qu’ils puissent être gagnés par les emprunteurs – ce qui leur permettrait d’éteindre leurs dettes.
Alors les banques préfèrent investir leurs revenus d’intérêts pour en tirer toujours plus de profits.
Et les banques ne sont pas seules à jouer ce jeu. Quiconque fait faire boule de neige à son argent, pour que son butin grossisse toujours plus, le fait aux dépens des emprunteurs qui ne vont pas trouver l’argent requis pour payer leurs dettes – sauf en s’endettant encore davantage.
C’est pourquoi, comme l’affirme si bien le dicton, les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent. L’argent dont les emprunteurs auraient besoin, aux échelons les plus bas de l’économie de production, est transféré au monde de l’argent virtuel, où tout ressemble à un immense casino. C’est un monde où les transactions ne sont guère que des chiffres, sur lesquels on mise pour gagner de plus en plus gros. Ces chiffres n’ont presque rien à voir avec le réel.
De nos jours, la plus grande partie de l’argent change de main dans l’économie du jeu… c’est-à-dire le marché des changes, les instruments dérivés et les autres instruments financiers avec lesquels les banques et les fonds d’investissements jouent pour s’enrichir.
À titre d’exemple, mentionnons que le total des transactions sur le marché mondial des changes, en une seule semai-ne, est supérieur au total des transactions sur le marché mondial des biens et services durant toute une année. Cette énorme masse d’argent est utilisée continuellement par les spéculateurs qui misent sur les fluctuations des cours. Cet argent existe… mais uniquement dans l’économie du jeu.

Alors, dans quelle mesure les intérêts, qui pèsent si lourds, sont-ils « non remboursables »?
Pour répondre à cette question, il faudrait pouvoir retracer avec certitude tout l’argent du monde.
Mais comme il y a plus de 6 milliards d’habitants sur la planète, dont la majorité gagnent de l’argent, le dépensent, l’empruntent et le prêtent, les transactions monétaires mondiales sont au moins aussi complexes que les flux des océans – et donc impossibles à retracer.
Cependant la tendance actuelle est claire : la « même vieille histoire » se perpétue. Les riches retirent de plus en plus d’argent de l’économie du jeu, où les simples emprunteurs n’ont quasiment aucune chance d’en gagner. Et la seule manière dont le système peut se maintenir en place, c’est en créant toujours plus d’argent. Or plus il y a d’argent créé sous forme de dette, plus le seul moyen de créer davantage d’argent est de créer de nouvelles dettes – entre autres en accordant des prêts ridiculement faciles à des emprunteurs nullement qualifiés, ou en faisant des dépenses gouvernementales massives en opérations de sécurité et de guerre… ou encore en renflouant les banques en faillite.

(DVD chapter 6)

Voyons maintenant comment le cycle d’un prêt joue sur le phénomène des booms et des chutes, c’est-à-dire sur le cycle économique.

Voici les principales étapes du cycle économique. Tout d’abord, la dépense faite grâce au prêt stimule l’économie. Ensuite, une inflation se produit parce que l’argent créé déprécie la masse monétaire. Et enfin, la déflation suit, au fur et à mesure que les remboursements éteignent graduellement le principal.
Aussi longtemps que tous les cycles de prêts individuels ne se chevauchent pas, ces cycles peuvent produire un effet de plat : ils peuvent créer une masse monétaire relativement stable, et donc des prix relativement stables eux aussi. Mais il faut alors une croissance continue de la masse monétaire, au moins en partie, parce que l’argent requis pour payer les intérêts n’a jamais vraiment été créé.

C’est le modèle sur lequel repose notre économie actuelle.

L’art de gérer l’économie, étroitement défini comme l’art de parvenir à la « stabilité des prix », consiste à éviter les spirales déflationnistes et à maintenir l’inflation à un niveau tel que le système ne craque pas.
Si on examine le pouvoir d’achat du dollar américain en biens réels, au cours du siècle dernier, on voit immédiatement ce qu’est la soi-disant « stabilité des prix ». Le dollar a clairement perdu presque TOUTE sa valeur! (soit 96 %) et il continue de perdre le reste très, très vite.

Alors, il n’y a PAS eu de stabilité des prix.
Nul besoin d’avoir fait des études supérieures en psychologie pour comprendre comment le comportement humain influe sur ce cycle de prêts individuels, menant au cycle économique collectif.
Si un entrepreneur voit des possibilités d’investir, et réussit bien en empruntant, d’autres feront confiance au système et voudront suivre son exemple.
Et tout effet psychologique mis à part, si une entreprise prend de l’expansion en empruntant de l’argent, ses fournisseurs et ses distributeurs devront fort probablement emprunter eux aussi – sans quoi ils risqueront de perdre cette entreprise comme client.
Le même effet de troupeau se produit quand le scénario est sombre, c’est-à-dire en période de contraction du crédit.
C’est alors que les cycles de prêts individuels ont une tendance inhérente à s’aligner plutôt qu’à être répartis au hasard.
Et quand les cycles de prêts individuels s’alignent, le cycle à grande échelle – c’est-à-dire le cycle économique – émerge sous leurs effets cumulatifs.
Alors résumons : à la suite de l’échange de promesses faites entre la banque et l’emprunteur, la société subit une inflation chronique et dépend des banques pour un apport toujours grandissant d’argent, afin de payer des intérêts qui deviennent im-possibles à rembourser. Le résultat est un cercle vicieux inévitable d’accélération de la dette et de dépréciation de l’argent – menant à l’effondrement déflationniste de l’économie, suivi du chaos social ou de la guerre.

Cette situation catastrophique s’étend à toute la société, causant partout des dommages. Au fond, nous sommes intoxiqués. Mais pas à l’héroïne, au crédit! Pourtant, un jour viendra où notre capacité collective à emprunter et à rembourser tout ce crédit s’épuisera.
C’est pourquoi le besoin existe de provoquer une expansion constante du crédit dans de nouveaux marchés – c’est-à-dire d’amener les gens partout ailleurs dans le monde à s’endetter toujours davantage.
Aux États-Unis, en raison de cette expansion constante, le montant total de la dette pour 2008 a dépassé les 53 trillions de dollars – soit cinq fois le total des revenus annuels du pays tout entier.
L’ensemble de la population est-elle satisfaite de ce système?
Probablement pas. Mais l’ensemble de la population n’a qu’une idée très vague des raisons du problème… c’est-à-dire du système hermétique de contrefaçon de l’argent et du pouvoir caché qu’exerce le système financier.

Et les banques? Comment s’en tirent-elles?

Eh bien, en ayant seulement une toute petite fraction de l’argent qu’elles prêtent, les banques obtiennent des revenus d’intérêts massifs sur les prêts aux consommateurs et sur les hypothèques. De plus, en se servant de leur pouvoir de crédit pour acquérir de vastes portefeuilles d’actions de l’État et d’actions de sociétés, les banques s’approprient le contrôle du gouvernement et de l’industrie. Et enfin, en raison des inévitables défauts de paiements et forclusions, les banques récupèrent des titres de propriété partout dans le monde.

Enfin, quand tout va vraiment mal, c’est-à-dire quand les emprunteurs sont massivement incapables de rembourser leurs prêts et que les banques essuient d’énormes pertes, le gouvernement doit renflouer les banques avec des milliards de dollars pour sauver le système financier.

Et qui financent tous ces renflouements? Vous l’avez deviné. Les contribuables.

C’est un exploit étonnant de la part des banques, d’autant plus que la majorité de leurs victimes n’en ont aucune connaissance.

(DVD chapter 7)

Si vous vous dites : « il devrait y avoir une loi… », eh bien, il y en a une. En fait, il y a tout un ensemble de lois, qui rendent ces opérations parfaitement légales.

Mais comment se fait-il qu’un système pareil soit devenu légal?

Pour répondre à la question, il faut remonter au milieu du 17e siècle, en Angleterre.
C’est à cette époque que sont apparus de plus puissants navires, qui ont facilité les voyages d’exploration. Le commerce a pris une expansion rapide. Pour faire des échanges, en particulier sur de longues distances et de longues durées, les contrats sous forme écrite sont devenus de plus en plus importants, de plus en plus complexes.
Longtemps en Angleterre, le droit commun avait stipulé que tout contrat devait porter sur l’échange de biens réels. c’est à dire sur le transfert de biens, ou de services, ou encore de droits de propriété. Et c’est sur ces éléments que les tribunaux tranchaient, en cas de conflit.
Si le contrat n’avait pas été fait à titre onéreux – c’est à dire s’il n’y avait pas eu échange de vrais biens ou de vrais droits de propriété – ce contrat était jugé nul et non avenu. Et il était donc rejeté par les tribunaux.
En vertu de ce droit commun, un contrat actuel disant que l’emprunteur donne en garantie une auto dont il n’est pas propriétaire, contre une promesse de paiement de la banque, ne serait pas valide.
De plus, en cas de conflit, le droit commun stipulait que seules les personnes ayant réellement participé à un échange à titre onéreux – c’est-à-dire les personnes qui avaient livré des biens ou services – pouvaient aller en justice pour exiger le respect du contrat. Ce droit n’était pas transférable à une tierce partie.
Quand les négociants partaient eux-mêmes en expédition autrefois, pour vendre des marchandises, ils achetaient ces marchandises dans leur pays avec la monnaie locale. Puis ils les vendaient dans des pays étrangers, en monnaie étrangère. Ensuite, ils revenaient dans leur pays avec des marchandises de l’étranger, qu’ils avaient achetés en monnaie étrangère. Et une fois de retour, ils les vendaient en monnaie locale.
Mais le commerce devenant florissant et complexe, les négociants ont préféré rester dans leur pays et ils ont tout simplement affrété des navires. Ils pouvaient ainsi importer des marchandises de pays autres que celui où ils avaient exporté. Mais un problème est apparu alors. Les marchandises exportées avaient été payées à l’étranger, en monnaie étrangère. Or transporter cet argent liquide, c’était s’exposer au vol, et surtout à une perte partielle dans la conversion des devises.
La solution a été de créer les lettres de change. Par une lettre de change, le payeur donnait ordre au destinataire de payer au bénéficiaire la somme indiquée.
La signature authentifiait le contrat et seules les participants à la transaction pouvaient aller en justice en cas de conflit sur une lettre de change. Ces lettres étaient donc sans aucune valeur pour un voleur, ou pour une tierce partie.
Vous l’avez deviné : les lettres de change étaient les précurseurs des chèques. Je soussigné le payeur enjoint à ma banque (c’est-à-dire au destinataire) de payer le bénéficiaire (c’est-à-dire la personne nommée sur le chèque) la somme d’argent indiquée.
Les lettres de change convenaient parfaitement aux transactions entre parties qui ne se connaissaient pas. Elles servaient à ordonner un paiement en liquide dans une région ou dans une contrée lointaine.
Mais très vite, les commerçants ont voulu plus. Ils ont voulu que les lettres de change permettent de rapprocher les paiements parmi de nombreux marchands, dans de nombreux pays. Pour cela, il fallait que les lettres de change soient transférables et exigibles par de tierces parties.

Comme nous allons le voir, c’est alors que le fondement du système bancaire actuel est devenu légitime.

Jusqu’alors, en vertu du droit commun, une tierce partie qui avait acheté honnêtement une lettre de change transférée plu-sieurs fois depuis son émission n’avait pas le droit d’aller en justice pour obtenir un paiement.
Les lettres de change de tierces parties posaient donc des risques inacceptables.
Pour que les lettres de change deviennent un moyen pratique et garanti de paiement pour une tierce partie, c’est-à-dire l’équivalent d’argent liquide, il fallait modifier le droit commun.
En Angleterre, par une série de décisions juridiques datant de 1664 à 1699, les lettres de change sont devenue exigibles par les tierces parties. Si une tierce partie achetait une lettre de change, à titre onéreux et de bonne foi, sans soupçonner de fraude ou de problème quant au droit de vente du vendeur, cette lettre de change était valide et exigible devant un tribunal.

Quelles ont été les conséquences de ce changement? Eh bien désormais, toute lettre de change était considérée légitime une fois qu’elle était vendue.
Les lettres de change et toutes les autres promesses de paiement dûment signées, à l’exception des chèques, sont devenues transférables et exigibles légalement – comme le voulaient les commerçants. Les contrats de dettes pouvaient donc être vendus, ce qui facilitait les transactions.
Un nouveau marché est apparu pour les profiteurs : le commerce des lettres de change. C’est alors que le marketing de la dette a commencé.
De plus, il est devenu possible de tromper quelqu’un ou de le forcer à signer une promesse exigible de paiement, puis de vendre cette promesse à une tierce partie à titre onéreux et de bonne foi – promesse alors exigible en justice, contre le signataire.
Ce point est devenu l’une des règles fondamentales du Code commercial uniforme, qui régit le commerce aux États-Unis, et par extension dans la plus grande partie du monde.

Pensez-y un peu.
Si vous achetez un ordinateur portable volé, vous pouvez être reconnu coupable de recel de vol, ce qui est une infraction criminelle. Peu importe si vous avez payé cet ordinateur, sans savoir qu’il avait été volé. Le tribunal le rendra à son propriétaire légitime. Et vous, innocent ou pas, vous perdrez votre argent et vous pourrez être accusé d’un crime.
Mais si vous achetez un accord de prêt à une banque, à titre onéreux et de bonne foi, peu importe que ce contrat résulte de manoeuvres frauduleuses. En vertu des lois commerciales, le signataire devra payer – et un tribunal veillera à faire respecter cette obligation.
De nos jours, les contrats de dettes prennent de multiples formes, dont les plus connues sont les prêts et les hypothèques.
Notons en passant que c’est à l’époque de tous ces changements de loi que la toute nouvelle Banque d’Angleterre a été fondée – première banque autorisée par l’État à créer de l’argent à partir de rien. Les nouvelles lois arrivaient à point : elles per-mettaient à cette nouvelle banque de faire valoir ses contrats « sans valeur », signés par les soi-disant « emprunteurs ».
Les rares personnes qui ont découvert la vraie nature de leurs prêts bancaires et qui ont tenté de contester en justice la validité de leurs contrats de dettes ont découvert que ces lois contractuelles commerciales restent le fondement inattaquable du système d’argent-dette.
La banque peut très bien avoir vendu l’accord de prêt original à une tierce partie, à titre onéreux, une seule chose compte pour un juge – même si cette tierce partie est une associée de la banque : qui est le propriétaire du document? que dit le document? et qui l’a signé? Le fait que la banque ait omis d’informer l’emprunteur de la vraie nature de l’accord de prêt, et l’absence de tout argent réel prêté par la banque, n’ont AUCUNE importance.

(DVD chapter 8)

En conclusion, il semble bien que le système bancaire contemporain repose sur plusieurs infractions au droit commun – et au simple bon sens.
La première, c’est celle qui est commise par l’emprunteur quand il s’engage à donner en garantie un bien dont il n’est pas encore propriétaire. La banque est complice, car elle accepte cette promesse frauduleuse comme garantie du crédit qu’elle va créer.
La seconde, c’est l’omission par la banque de divulguer la vraie nature du contrat. La banque dit qu’il s’agit d’un prêt, faisant croire à l’emprunteur qu’elle lui prête de l’argent réellement existant. Mais la banque sait bien qu’elle émet uniquement une nouvelle promesse de paiement. Une promesse que la banque n’aura probablement jamais à tenir.
La troisième, c’est que l’accord de prêt devrait être invalide. Car un contrat impossible est légalement invalide. La banque crée un contrat impossible car les conditions exigées pour que les emprunteurs puissent rembourser le principal plus les intérêts ne sont pas remplies.
À moins que le système n’exige le recyclage à 100 % du principal et des intérêts, ce qu’il ne fait aucune-ment, certains emprunteurs ne pourront pas rembourser et perdront donc leur garantie, à cause de la pénurie systématique d’argent
La quatrième infraction, c’est la violation de la loi naturelle par la loi des contrats, qui confère automatiquement le titre légitime d’un contrat à une tierce partie quand ce contrat a été cédé à titre onéreux : il y a infraction au principe selon lequel on ne peut pas céder un titre qu’on n’a pas.
Mais la fraude la plus vaste, c’est que la plupart des gens qui travaillent pour produire les vraies richesses du monde sont lourdement endettés et risquent de tout perdre – au profit des banquiers qui fabriquent de l’argent à partir de simples promesses de paiement.
En fin de compte, nous sommes prisonniers d’une économie qui doit prendre de l’expansion de plus en plus vite, pour suivre la croissance effrénée de la masse monétaire – faute de quoi tout le système s’effondre.
Le système monétaire actuel refuse de reconnaître que l’économie réelle est limitée par les richesses naturelles limitées de notre planète et par notre capacité limitée à gérer les déchets.
Oui, notre planète a des limites. Et par conséquent, l’économie ne peut pas gonfler à un rythme toujours plus rapide.
Notre système monétaire actuel ressemble à l’autobus du film Speed. Cet autobus ne peut pas ralentir, faute de quoi la bombe placée à bord va exploser.
Mais pour nous, la situation est pire encore, car le taux de création de la dette doit s’accélérer sans fin, sinon c’est le krach de l’économie toute entière.
La notion la plus mensongère de l’économie contemporaine, c’est qu’une croissance infinie, toujours en accélération, est possible. C’est une illusion, créé de toutes pièces par la course aux profits. Un krach économique, social et environnemental sans précédent paraît inévitable, car le système monétaire semble incapable de s’adapter.
Rien d’étonnant alors que les réformateurs du système monétaire partout dans le monde affirment que ce système monétaire tout entier doit être complètement repensé, à partir de zéro.

(DVD chapter 9)

Alors, quelle est la solution?

L’une des options souvent suggérée est de revenir à l’étalon or. Les partisans de cette option disent que l’or est une vraie monnaie, car c’est un métal indéniablement précieux. Pour eux, la valeur de la monnaie devrait reposer sur la rareté de son standard de référence. En règle générale, les défenseurs de cette position croient aussi que l’argent devrait être indépendant de tout gouvernement.
Une autre école, diamétralement opposée, croit que la création de l’argent devrait être la prérogative exclusive du gouvernement, qui représente tous les gens, et qui devrait créer et dépenser l’argent dans l’intérêt public. Ayant repris le pou-voir de créer de l’argent rien qu’à partir des dépenses faites par lui, le gouvernement n’aurait plus jamais besoin de s’endetter ou de payer des intérêts.
Bien sûr, si le gouvernement dépensait sans compter, la monnaie perdrait toute sa valeur. Pour empêcher l’inflation, l’argent créé devrait être éteint lui aussi. Ceci pourrait se faire au moyen de multiples formes d’impôts, redevances et frais modérateurs. Les dépenses engagées par le gouvernement, et les impôts recueillis par lui, seraient alors inter-reliés et égaux, parfaitement équilibrés.
L’objectif des impôts serait de stabiliser les prix, étant donné que le gouvernement n’aurait plus aucun besoin de revenus d’impôts pour fonctionner.
Au fil des siècles, le système monétaire fondé sur l’étalon or et divers systèmes de crédit monétaire gouvernemental ont été utilisés. Mais le système fondé sur l’étalon or a toujours dominé, jusqu’au 20e siècle. Chacun des autres systèmes fonctionnait bien, dans son pays respectif, car l’argent était accepté pour le paiement des impôts. Cependant, jusqu’à l’invention des moyens modernes d’échanges, le commerce international devait se faire en fonction de l’or.
Ajoutons à cela que, depuis des millénaires, l’or nous fascine. Longtemps, nous avons été habitués à croire que la valeur de la monnaie devait reposer sur la valeur d’une vraie richesse monnayable – par exemple, des pièces d’or.
Mais ce n’est pas le seul concept qu’on devrait se faire de l’argent. En tout cas, plus à notre époque de l’argent-dette!
Fondamentalement, l’argent est tout simplement une idée… inventée par les humains pour passer d’une économie de subsistance à une économie complexe. C’est l’apparition de l’argent qui a rendu possible la spécialisation du travail et l’échange indirect des biens et des services.
L’évolution de la monnaie a été longue, commençant par le simple troc et l’échange de marchandises, puis passant à l’échange de pièces, de promesses de métal précieux, de promesses de billets, et maintenant de promesses numériques de payer des promesses numériques. Mais tout au long de cette évolution, l’objectif a été de donner plus de souplesse au système, grâce à des promesses pratiques et sûres de paiement.
Le problème avec les promesses de paiement, c’est qu’elles offrent d’immenses possibilités de tricher, de créer beaucoup plus de promesses qu’il n’y a de biens réels pour les garantir.
Alors, existe-t-il un moyen de rendre l’échange d’argent réel aussi pratique et sûr que l’échange de promesses de paiement?
Oui, c’est maintenant possible. Avec la monnaie numérique, pratique et sûre, rendue possible par les nouvelles technologies de cryptage.

Voilà comment marche ce système. Imaginez que vous prenez le numéro de série d’un billet, et que vous faites disparaître le support papier du billet. Qu’est-ce qui vous reste? … Un dollar numérique, qui peut être transféré électriquement partout dans le monde, aussi facilement et aussi sûrement qu’une promesse de paiement.
La différence… qui est monumentale… c’est que ce dollar électronique est pareil à une pièce de métal : il ne peut jamais être simultanément dans deux endroits différents.
Il est donc possible d’empêcher la multiplication des promesses, en exigeant un paiement en liquide, en espèces, ou sous forme numérique. Et plus besoin de déposer ces dollar numériques à la banque, car ils sont tout naturellement placés en sécurité. De plus, ces dollars peuvent être transférés sur Internet.
Autre avantage : la monnaie numérique instantanément transférable pourrait permettre diverses fonctions intelligentes, im-possibles avec les autres formes de monnaie.
Par exemple, avec une simple programmation, l’argent pourrait calculer sa propre valeur, en éliminant toute spéculation, toute manipulation et toute erreur humaine. Pas mal, non?
Déjà, on s’efforce de réformer le système monétaire par des modifications de loi. Ainsi, aux États-Unis, la Loi sur la réforme monétaire et la Loi monétaire de l’American Monetary Institute’s ont été rédigées, prescrivant en détail comment redonner au gouvernement le pouvoir exclusif de créer l’argent. Les banques auraient alors simplement le droit de prêter l’argent existant, comme la majorité des gens croient qu’elles le font actuellement.
Toutes les propositions de réforme partent du même principe fondamental, quel que soit leur pays et quelques soient leurs détails.
C’est le public qui devrait bénéficier de la création de l’argent.

Actuellement, l’argent n’est pas créé au bénéfice de la société, mais à celui des banques privées. Les banques créent d’immenses quantités d’argent, à partir de nos dettes : plus nous empruntons, plus les banques récupèrent d’intérêts, et plus elles s’enrichissent. Ce faisant, les banques prennent le contrôle de tout – des consommateurs, de l’industrie et des gouvernements.
Comme nous l’avons vu, une surabondance d’argent mène trop souvent à des bulles spéculatives, qui enrichissent les initiés. Mais ces bulles crèvent inévitablement – sous la pression énorme de la demande d’intérêts toujours croissante. Les perdants sont nombreux, et parmi eux, il y a les gouvernements. Sous le fardeau de dettes considérables, mais avec des revenus moindres, les gouvernements sont contraints d’ajouter des trillions à leur dette pour sauver les banques… qui ont causé le problème. Autrement, tout le système monétaire s’effondrerait !
La situation est absurde, tragique, surtout quand on sait que le gouvernement pourrait créer lui-même l’argent et le dépenser, sans intérêts, en infrastructure, en éducation ou en soins de santé universels. La plus grande partie de cet argent entrerait dans l’économie sous forme de salaires et circulerait à tous les niveaux de la société, pour le bien de tous. L’abondance de ce type d’argent redonnerait vigueur à l’économie de production, et les économies des particuliers pourraient financer des prêts bien réels et honnêtes d’argent existant.
Fondamentalement, la monnaie est un moyen d’échanger des valeurs réelles. Sans valeur réelle, l’argent n’est rien. Nous le savons maintenant : c’est le monde bien réel qui consent un prêt – pas la banque. La vraie source des richesses mondiales, c’est nous ET les ressources naturelles de notre planète. La création de l’argent et les bénéfices à en retirer devraient donc être l’apanage du public, et non pas des banquiers privés.
Et les intérêts? Comme nous l’avons vu, les intérêts posent un problème mathématique – qui peut être résolu de trois manières. Premièrement… par des défauts de paiement et des forclusions; deuxièmement… par une croissance perpétuelle de la masse monétaire… ou troisièmement, solution de loin préférable, par un recyclage à 100 % de l’intérêt sous forme de dépenses.
Mais pour parvenir à ce recyclage complet, il faudrait nationaliser toute l’industrie bancaire dans l’intérêt du public.
Les revenus d’intérêts provenant du système bancaire public pourraient alors être versés à tous, sous forme de dividendes aux citoyens, ou bien ils pourraient servir à financer les dépenses gouvernementales, à la place des impôts – com-me cela s’est passé avec succès en Pennsylvanie, au temps des colonies.
Le cas de la Pennsylvanie n’est qu’un exemple de système monétaire différent. Il y a toujours d’autres options. Et il y en existe d’autres actuellement.
Ce que l’évolution de la monnaie nous montre, c’est que la valeur réelle de la monnaie découle de son utilité. Or il y a bien des moyens de créer une monnaie utile!
Par exemple, la monnaie peut tout simplement prendre la forme d’une promesse privée de paiement faite par un particulier… un engagement à livrer ses produits ou ses services contre des devises de la communauté, comme dans les Systèmes LETS ou les Dollars Time. Il existe déjà des milliers de monnaies communautaires, fondées sur la confiance collective, où les membres honorent leurs promesses de paiement.
Ces systèmes communautaires peuvent constituer de véritables moyens de survie en cas d’effondrement complet du système bancaire traditionnel. Même quand il y a pénurie totale d’argent, ou que l’hyperinflation paralyse l’économie, une monnaie communautaire peut sauvegarder l’économie locale.
Vous allez vous demander : ces propositions ne sont-elles pas radicales? Absolument, elles le sont! Mais les défis qui vont se présenter à nous sont sans précédent.
Une croissance exponentielle ne peut plus soutenir la dette monumentale, qui doit sans cesse augmenter pour empêcher l’effondrement de ce château de cartes. Si nous ne prenons pas radicalement une autre voie, ce qui nous attend, c’est une dis-parité grandissante entre riches et pauvres, un poids intolérable de la dette, une vague de faillites bancaires, des catastrophes sociales et environnementales.
Nous devons transformer notre système monétaire, l’adapter à l’avenir qui se dessine clairement devant nous. Pour commencer, nous devons concevoir un système bancaire qui puisse réagir à une contraction généralisée de l’économie, sans provoquer de forclusions et de faillites massives.

Alors, que pouvez-vous faire?
Actuellement, partout dans le monde, des gens et des organismes comprennent les problèmes et les injustices causés par notre système monétaire. Vous pouvez vous joindre à leurs efforts pour apporter les changements fondamentaux dont notre monde a besoin.
Parlez à vos amis. Une crise financière, c’est le moment de tirer des leçons! Quand le gouvernement doit renflouer des banques, qui lui prêtaient auparavant de l’argent, les contradictions, les fraudes et les failles du système deviennent claires pour tous. Les solutions deviennent claires elles aussi, il suffit d’ouvrir les yeux.
Nous ne pouvons tout simplement pas continuer ainsi. Faire quelques ajustements au système actuel ne suffira pas. Les changements à apporter sont radicaux. Ils doivent bénéficier à tous – et non pas à une petite poignée de privilégiés. Pour y parvenir, nous devons rejeter les vieilles hypothèses et les croyances erronées. Nous devons oser une métamorphose complète!… Le temps est venu de passer à l’action.

(DVD )

GÉNÉRIQUE

L’argent-dette II, Promesses chimériques
écrit et produit par Paul Grignon
Adaptation française et narration Sophie Arthaud
Conseillers à la production Franck Werner
Tsiporah Grignon
Musique composée et enregistrée par Paul Grignon
Modèle 3D Paul Grignon
Modèles 3-D supplémentaires 3D CAD Browser 3dcafe.com help3d.com Delicious 3D 3D ModelFREE.com
–––––––––––––––––––––
L’argent Dette II, Promesses chimériques
est né des recherches privées faites par le producteur sur la théorie et l’historique du système monétaire.
Les analyses présentées ici relèvent de la responsabilité du producteur uniquement, et ne concordent pas forcément avec les notions prévalentes sur ce sujet.
Il ne faudrait pas conclure qu’elles sont appuyées par quiconque mentionné ou représenté ici
(particuliers ou organisations).
Le concept de pièces numériques est une proposition originale de moyen d’échanges faite par le producteur et fondée
sur les progrès les plus récents des technologies de réseautage.
–––––––––––––––––––––
L’argent Dette II, Promesses chimériques
copyright Paul Grignon 2009
Tous droits réservés Pièce numérique
proposition exhaustive et novatrice
pour un nouveau système d’économie durable.
Pour en savoir plus, visitez digitalcoin.info

Advertisements

Une réflexion au sujet de « L’Argent Dette »

  1. Je vais en décevoir plus d’un mais tout ce que raconte la vidéo (1 et 2) est faux.
    D’abord, les intérêts peuvent être remboursés. Car ils représentent les revenus des banquiers. En dépensant cet argent, ils réinjectent les intérêts (payés par les emprunteurs), ce qui rend possible son remboursement. Une autre partie de leur revenu gagné peut servir à épargner / investir dans les actifs.
    -Épargner permet à quelqu’un d’autre d’emprunter. Celui qui emprunte peut consommer.
    -Un achat d’actif correspond toujours à une vente d’actif. Celui qui vend peut consommer.
    J’en ai parlé en long et en large ici :
    http://analyseeconomique.wordpress.com/2010/10/11/les-mensonges-de-largent-dette/
    Sa défense contre les critiques de money as debt premier du nom ne tient absolument pas. Il essaie simplement de se rattraper comme il peut.

    Pour ce qui est de l’histoire juridique des dépôts, Huerta de Soto en parle, et bien mieux que la vidéo :
    http://analyseeconomique.wordpress.com/2011/03/21/histoire-juridique-des-banques/

    Quant à l’émergence de la réserve fractionnaire et sa « prétendue » fraude, Selgin a été très explicite sur le cas anglais du 17ème siècle :
    http://analyseeconomique.wordpress.com/2010/12/13/quand-la-reserve-fractionnaire-nest-pas-une-fraude/

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s