Le pétrole devrait éviter une nouvelle flambée à 150 dollars

par Matthew Robinson, le 03/01/11, in Le nouvel Obs.com
Gregory Schwartz pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/economie/20110103.REU8303/le-petrole-devrait-eviter-une-nouvelle-flambee-a-150-dollars.html

Près de trois ans jour pour jour après son premier passage au-dessus des 100 dollars, le baril de pétrole menace à nouveau de franchir ce seuil, mais la comparaison avec 2008 devrait s'arrêter là. Selon les analystes, les raisons sont nombreuses pour empêcher le brut de s'envoler à nouveau jusqu'aux alentours de 150 dollars le baril et d'infliger ainsi un coup violent à l'économie mondiale. /Photo d'archives/REUTERS/Jorge Silva  (c) Reuters Près de trois ans jour pour jour après son premier passage au-dessus des 100 dollars, le baril de pétrole menace à nouveau de franchir ce seuil, mais la comparaison avec 2008 devrait s’arrêter là. Selon les analystes, les raisons sont nombreuses pour empêcher le brut de s’envoler à nouveau jusqu’aux alentours de 150 dollars le baril et d’infliger ainsi un coup violent à l’économie mondiale. /Photo d’archives/REUTERS/Jorge Silva (c) Reuters

par Matthew Robinson

NEW YORK (Reuters) – Près de trois ans jour pour jour après son premier passage au-dessus des 100 dollars, le baril de pétrole menace à nouveau de franchir ce seuil, mais la comparaison avec 2008 devrait s’arrêter là.

Selon les analystes, les raisons sont nombreuses pour empêcher le brut de s’envoler à nouveau jusqu’aux alentours de 150 dollars le baril et d’infliger ainsi un coup violent à l’économie mondiale.

Sur le long terme, les entreprises productrices développent leurs investissements pour anticiper une crise de l’offre, le dollar s’est renchéri et les inquiétudes sur la production se sont apaisées.

Les arguments portant sur le court terme pèsent encore plus lourd : les réserves de pétrole sont nettement plus importantes et la capacité mondiale de raffinage s’est fortement développée.

Surtout, et contrairement à 2008, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) dispose de nombreux sites d’extraction en sommeil, qu’elle peut réactiver quand bon lui semble pour freiner tout emballement du marché.

En moyenne, les marchés anticipent une hausse des cours de 8% sur 2011, selon une enquête menée par Reuters.

« En substance, le pétrole n’est plus dans la même situation, car les problèmes de goulots d’étranglement ont été en partie résolus, à la fois sur le raffinage et sur la production », a commenté Edward Morse, de Crédit Suisse.

Les réserves des pays développés se sont accrues depuis 2008. Celles des membres de l’Organisation pour la coopération et le développement économique équivalent à présent à 60 jours de demande, contre 53 jours en 2008.

CAPACITÉS EXCÉDENTAIRES EN HAUSSE

La demande a connu en 2010 sa plus forte hausse en six ans, augmentant de 2,2 millions de barils par jour (bpj). Elle devrait encore s’accroître de 1,5 million de bpj en 2011, selon l’enquête de Reuters.

Cette tendance devrait porter la consommation au-delà de son record atteint en 2007, mais la production s’est aussi nettement accrue grâce aux ambitieux plans d’investissement lancés avant le pic de 2008.

Les membres de l’Opep disposent en outre de cinq à six millions de bpj en capacités non utilisées, soit près de trois fois la réserve de production qu’ils détenaient au plus bas de 2008.

La majeure partie des réserves actuelles se trouvent en Arabie saoudite. Si l’on ignore encore à partir de quel cours l’Opep augmenterait sa production, il ne fait guère de doute qu’une telle mesure stopperait toute flambée.

En 2008, l’Opep disait être au maximum de ses capacités d’extraction.

VENEZUELA ET RUSSIE PLUS OUVERTS

« L’Arabie saoudite n’a aucun intérêt à ce que la reprise économique mondiale soit mise en danger par un baril à plus de 100 dollars », a estimé Jan Stuart, spécialiste du pétrole pour Macquarie.

« Etant donné la réserve de capacités, je ne pense pas que nous verrons la même spirale ascendante qu’en 2008. »

Une pénurie en 2011 pourrait également être compensée par les objectifs de production en hausse du Nigeria et de l’Irak.

L’Irak, dont l’Opep ne plafonne pas la production afin de faciliter sa reconstruction après la guerre et les sanctions internationales, prévoit d’ajouter 400.000 bpj à son extraction en 2011.

La production des pays hors Opep devrait elle aussi augmenter de 400.000 bpj en 2011. C’est environ trois fois moins qu’en 2010, mais nettement plus qu’en 2008, lorsqu’elle avait diminué de presque 400.000 bpj.

Mondialement, les entreprises pétrolières devraient augmenter leurs dépenses de prospection de 11% en 2011, ce qui les amènerait à un plus haut de 25 ans, selon les prévisions de Barclays Capital.

Enfin, la tendance au repli nationaliste observée en 2008 chez des producteurs tels que le Venezuela ou la Russie s’est atténuée, et Caracas comme Moscou sont désormais bien plus ouverts aux investissements étrangers.

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